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Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · 2022-05-11

Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2022-05-11

Wortprotokoll

Les projections de l'évolution des transports 2050 prédisent un recul des déplacements des pendulaires. Cette perspective - réjouissante compte tenu de l'hypermobilité de notre population - est liée à la numérisation de la société. L'Office fédéral du développement territorial considère d'ailleurs que le télétravail va s'installer durablement dans les moeurs.

Selon les données de l'Office fédéral de la statistique, depuis une vingtaine d'années, le télétravail a pris progressivement de l'importance: il était négligeable au début des années 2000, il concerne aujourd'hui un tiers de la population occupée. Ainsi, entre 2001 et 2019, le nombre de personnes actives occupées effectuant du télétravail, au moins occasionnellement, c'est-à-dire au moins une fois par mois, est passé de 250[NB]000 à plus de 1 million. Cette tendance a été renforcée avec la pandémie. Selon les spécialistes, elle pourrait encore grandement augmenter, car 80 pour cent de la population se dit intéressée à davantage travailler ou étudier à distance.

Il est donc indéniable que nos modes de travail évoluent pour aller vers une utilisation accrue des outils numériques et donc une utilisation réduite de la route et du rail pour se rendre au travail. Il y a non seulement une fenêtre d'opportunité pour mettre en place d'abord cette forme d'organisation du travail - et M. le conseiller fédéral nous a dit que sur ce point le Conseil fédéral était en train de faire un rapport -, mais aussi une nécessité d'envisager les bénéfices à en attendre sur nos infrastructures. A ma connaissance, ce point-là est encore insuffisamment pris en compte. La diminution du trafic pendulaire entraîne pourtant une diminution importante des pics d'affluence et des bouchons, ainsi que des nuisances liées à ces déplacements et au trafic, le bruit, la pollution atmosphérique, ce qui entraînerait une augmentation de la sécurité routière.

Mon postulat a pour objectif d'étudier les aménagements nécessaires pour améliorer les conditions permettant le travail et les études à distance ainsi que de répondre à une série de questions. Premièrement, de quelle manière les nouvelles pratiques de télétravail, d'études et d'approvisionnement développées pendant la pandémie pourraient être pérennisées, et en quelle proportion, afin de décharger les infrastructures et de réduire les coûts externes liés à notre mobilité?

Deuxièmement, quelles conditions mettre en place pour encourager la poursuite du télétravail pour les entreprises, les administrations et les salariés qui le souhaitent?

Troisièmement, quelles améliorations apporter au niveau des infrastructures pour rendre le travail à distance plus performant?

Quatrièmement, quelles conséquences en attendre pour la collectivité?

[PAGE 769] Alors que la Suisse est confrontée à une augmentation continue du trafic depuis des décennies et que les perspectives sont en évolution et engendrent des défis cruciaux, ce changement d'habitude est une chance à saisir!

Dans sa réponse, le Conseil fédéral indique qu'il rejette ce postulat, parce qu'une étude est en cours sur le suivi des conséquences du tournant numérique sur le marché du travail. Sur le marché du travail, oui, mais rien n'indique dans cette réponse que la question spécifique des infrastructures et de la mobilité seront étudiées. Or, si l'on veut tirer profit de ces évolutions, il faut pouvoir les anticiper. Je propose, de même que notre collègue Bruno Storni avec son postulat 21.3188, "Analyse de l'impact du télétravail sur le monde du travail et sur les transports pendant la crise sanitaire du Covid-19. Définition de scénarios et de mesures d'incitation pour l'avenir", d'étudier l'impact de ces nouvelles formes de travail sur les infrastructures afin de mettre en place des changements bénéfiques pour la société.

L'augmentation de la mobilité de loisirs des personnes, mais aussi celle des marchandises, engendre des enjeux majeurs en matière de capacités, de coûts et d'effets externes. Plusieurs mesures ont été étudiées pour permettre de réduire les déplacements, aplanir les heures de pointe et permettre une meilleure utilisation de nos infrastructures, à l'instar de la tarification de la mobilité et du développement du travail à distance, autant de mesures dont nous devons, aujourd'hui, évaluer l'impact pour permettre de réfléchir à notre mobilité de demain.

Je vous remercie de soutenir mon postulat ainsi que celui de mon collègue Bruno Storni.