Romano Marco · Nationalrat · 2022-05-11
Romano Marco · Nationalrat · Tessin · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2022-05-11
Wortprotokoll
Par cette motion, je demande au Conseil fédéral de garantir et de renforcer les moyens financiers mis à disposition pour la promotion des vins suisses. Ce n'est pas une fin en soi, mais une nécessité absolue. Je déclare mes intérêts: je suis président de l'Interprofession de la vigne et des vins suisses.
Le soutien actuel est largement insuffisant, alors que les dernières années ont clairement montré qu'un engagement efficace de Swiss Wine Promotion, cofinancé par la Confédération, donne des résultats remarquables. Le secteur vitivinicole est en difficulté. C'est un marché totalement ouvert dont les dynamiques ont été présentées ce matin dans le cadre d'autres interventions parlementaires. On consomme de moins en moins de vin. La pression des vins étrangers, qui sont beaucoup moins chers parce que leur production est clairement moins onéreuse, est désastreuse. On oublie aussi souvent les coûts indirects, l'impact environnemental du transport et les standards de production, qui sont plus élevés en Suisse. Il est nécessaire de pouvoir lutter à armes égales face à la concurrence européenne et ses dizaines de millions d'euros engagés sur le marché suisse issus des aides d'Etat et de l'Union européenne pour promouvoir, par exemple, les vins italiens et espagnols.
A ce jour, l'Office fédéral de l'agriculture alloue 2,8 millions de francs à la promotion du secteur vitivinicole suisse. En 2020 et en 2021, à la demande de la branche, une aide d'urgence de 1 million supplémentaire a été attribuée pour des projets spécifiques dans la gastronomie et la grande distribution. On peut voir que l'on a obtenu des résultats grâce à cela.
Malgré le fort recul de la consommation en 2020, les vins suisses ont gagné des parts de marché significatives. Les ventes de vins suisses dans la grande distribution progressent, et cette évolution est directement liée aux projets cofinancés par la Confédération.
Malgré le succès des moyens investis - je vous rappelle qu'ils sont cofinancés par des moyens propres à hauteur d'un franc pour chaque franc mis par la Confédération -, que fait la Confédération? Elle réduit le soutien. L'OFAG a décidé de réduire ce soutien de 200[NB]000 francs en 2022 et d'y renoncer à partir de 2023. Nous ne pouvons pas l'accepter, c'est pourquoi nous nous battons pour une reconnaissance adéquate de ce secteur économique qui est essentiel pour de nombreuses régions en Suisse - surtout en Romandie et dans le canton du Tessin, mais également toujours davantage en Suisse alémanique -, qui fait partie de notre culture et aussi de l'image de notre territoire.
Il est nécessaire de continuer de renforcer le positionnement des vins suisses en augmentant les moyens engagés pour la promotion à long terme. L'expérience de l'aide d'urgence 2020-2021 a confirmé la nécessité d'un financement à la fois plus substantiel et stable pour favoriser le renforcement du vin suisse sur le marché indigène, notamment dans la grande distribution et dans la restauration. A titre d'exemple, Switzerland Cheese Marketing reçoit 21 millions de francs, et le secteur du lait et du beurre 7,4 millions. L'inverse est observé pour le marché du vin. Si nous ne voulons pas le fermer, si nous ne voulons pas mener de discussion sur la réduction des contingents et sur la fermeture des frontières, il faut augmenter les moyens actuellement consacrés à la promotion - comme je l'ai dit, on est bloqué à 2,8 millions de francs. Or, on a vu clairement, avec les investissements de la Confédération, que la branche est aussi capable d'amener des moyens propres et que les résultats sont très concrets.
La Commission de l'économie et des redevances a compris la situation et a décidé de déposer la motion 22.3022, "Renforcer la promotion des vins suisses", qui charge le Conseil fédéral d'augmenter les moyens destinés à promouvoir les vins suisses à hauteur de 9 millions de francs par année, pour autant qu'ils répondent à des critères de qualité et de durabilité. Il s'agit d'un pas dans la bonne direction, et je suis convaincu qu'elle trouvera un soutien dans les deux chambres, et ce dès le 9 juin, lorsqu'elle sera traitée au Conseil national. Par conséquent, pour éviter de voter deux fois sur la même thématique, je retire ma motion, tout en souhaitant que, Monsieur le conseiller fédéral, vous expliquiez pourquoi le Conseil fédéral n'augmente pas les moyens à disposition de la branche.