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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2022-05-31

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-05-31

Wortprotokoll

Je vous propose de réfléchir à une question assez simple. Quel est le point commun entre les initiatives populaires hypothétiques suivantes: une initiative qui propose simplement d'inscrire dans la Constitution qu'on arrête le réchauffement climatique maintenant; une initiative qui propose de supprimer le Covid-19; une initiative qui propose qu'il pleuve trois jours par mois et puis qu'il fasse beau le reste du temps et une initiative qui demande que l'on stoppe l'augmentation des coûts de la santé? Quels sont les points communs de ces demandes?

Globalement, ce sont des choses que l'on peut vouloir faire. Qui peut être contre la suppression du Covid-19? qui peut être opposé à ce qu'il fasse le temps qu'il faut? qui peut être contre l'arrêt de la hausse des coûts de la santé? Personne. Cette initiative ne permet rien de plus que de déclarer une chose avec laquelle on est d'accord et elle nous confronte à une question simple: comment?

L'absurdité du texte de l'initiative populaire est la suivante. Il est écrit que si les coûts augmentent plus que dans une certaine mesure fondée sur les salaires, alors là il faut freiner les coûts de la santé, là il faut prendre des mesures! Mais pourquoi devrait-on attendre que les coûts explosent pour le faire? N'est-ce pas un objectif noble que de vouloir stopper l'augmentation des coûts de la santé à tout moment, quel que soit leur niveau?

Ne doit-on pas éviter les coûts lorsqu'ils sont excessifs, dans tous les cas? C'est cela la réelle question. Notre mission en tant que Parlement, notre mission en tant que personne engagée en politique est de s'assurer que chaque franc dépensé dans le secteur de la santé apporte quelque chose de suffisant à la société. Si ce n'est pas le cas, cet argent ne doit évidemment pas être dépensé. Le problème du texte de l'initiative est qu'il prévoit de baisser les coûts, mais sans apporter de proposition. Or le secret pour réussir ce que nous voulons faire n'est pas de dire ce que nous voulons faire, mais de trouver des mesures concrètes. Dans ce sens, on peut saluer le contre-projet. Il ne parviendra bien sûr pas à lui seul à freiner les coûts de la santé; à lui seul, il ne règlera pas le problème dont on discute aujourd'hui. Mais le contre-projet, au moins, énumère un certain nombre de mesures qui ont pour objectif de réduire les coûts de la santé et qui sont relativement concrètes. Toutefois, le manque d'ambition de ce contre-projet montre à quel point il est difficile de le faire.

Réduire les coûts de la santé, ce n'est pas seulement proposer des baisses de coûts. C'est le faire en trouvant les poches dans lesquelles il y a effectivement des facturations excessives, des gens qui peut-être profitent d'une situation, sans accabler toute une profession, sans accabler toute une série de comportements humains. En effet, il faut le rappeler: dans le secteur de la santé, l'essentiel des personnes et des acteurs sont des gens de bonne foi, qui se battent par conviction, qui font un métier parfois par vocation - et parfois dans des conditions très difficile. Les mesures globales prises par exemple pour réduire les coûts de la santé peuvent avoir un impact sur ces gens qui ont fait de la santé leur vie, et du bien-être des autres leur vocation.

Il est donc nécessaire de trouver des mesures qui touchent les personnes dans le domaine de la santé qui effectivement encaissent ou coûtent trop, sans affecter la qualité du système de soins et sans affecter les personnes qui font leur travail de bonne foi et dont la rémunération est justifiée. Les propositions qui sont donc faites dans le contre-projet vont un peu dans ce sens, ne serait-ce que par rapport aux mesures liées à la transparence ou aux conventions tarifaires, tout comme la proposition de la minorité de créer une commission fédérale des coûts et de la qualité qui évaluerait l'évolution du système de santé.

Bien que l'initiative ne doive à mon avis pas être acceptée, je salue le fait qu'elle ait permis au Parlement d'élaborer un contre-projet qui apporte des propositions concrètes.

Le groupe socialiste soutiendra évidemment ce contre-projet, mais en rappelant un élément qui reste essentiel: lutter [PAGE 837] contre la hausse des coûts de la santé, c'est lutter contre une série de privilèges problématiques qui existent dans ce milieu, où certains coûts sont extrêmement élevés, ce qui est aussi lié au fait que, malheureusement, le système de santé n'est pas exempt de recherche de profit. C'est lorsque des profits excessifs sont faits que l'on peut trouver où améliorer la situation en matière de coûts de la santé. Malheureusement, cette initiative ne va pas dans cette direction. Toutefois, nous saluons le fait de pouvoir peut-être, grâce à ce contre-projet, limiter un peu les coûts de la santé et exercer un peu de pression sur certains acteurs qui ont tendance à pousser ces coûts à la hausse.

Globalement, rappelons-le, la santé, avant d'être un coût est un actif, un avoir, un bien commun. Ce bien commun a beaucoup plus de valeur que toutes les considérations financières que nous avons pu faire jusqu'à maintenant. Car de la santé de la population dépend réellement son bien-être global.