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Vara Céline · Ständerat · 2022-06-08

Vara Céline · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2022-06-08

Wortprotokoll

Je dois dire que j'ai été étonnée de la prise de position du Conseil fédéral sur ce postulat qui fait suite à un certain nombre de faits analysés scientifiquement à travers le monde - soit à peu près plus de mille études à travers le monde, et quelques-unes en Suisse aussi, qui démontrent qu'il y a effectivement très probablement un lien entre des maladies graves pour nos enfants, pour leur développement, et la proximité avec certains pesticides de synthèse. J'ai déposé un postulat pour ne pas mettre trop de pression et de contrainte sur le Conseil fédéral, pour ouvrir la porte, pour dire qu'il y a manifestement un problème, un problème qui touche ce que notre société a de plus important, c'est-à-dire les enfants, et que je trouve donc judicieux que l'on se questionne et que l'on se donne les moyens, comme le disait Mme Thorens Goumaz pour la minorité, de savoir ce qu'il en est et de savoir s'il ne serait pas judicieux de prendre des mesures.

Face à un problème de santé publique, comme cela a été mentionné - et c'en est un, c'est un problème de santé publique -, j'attendais du Conseil fédéral qu'il abonde dans mon sens et qu'il propose d'accepter mon postulat.

J'ai été déçue de l'avis du Conseil fédéral sur le fond également puisque l'on y mentionne la PA 22 plus qui est mort-née, et dont on ne sait pas encore si elle apportera un jour des résultats, et on parle de crises d'asthme. Alors quand bien même les crises d'asthme, en soi, pour ceux qui en vivent ou qui ont vu quelqu'un en avoir une, je peux vous assurer que ce n'est pas simple, mais on ne parle pas seulement de crises d'asthme, on parle de graves maladies pulmonaires, on parle de tumeurs cérébrales, on parle de la mort de certains de ces enfants, on parle de problèmes de développement des enfants. Je peux vous assurer que lorsque l'on rencontre ces familles, ces enfants, eh bien on se rend vraiment compte de ce que cela veut dire.

Dans l'étude bernoise qui a été mentionnée, il a été démontré que dans deux régions spécifiques en Suisse, à savoir le Seeland bernois - près de chez moi, qui vis dans le canton de Neuchâtel - ainsi que le Weinland, dans le nord du canton de Zurich, il y avait une prépondérance d'enfants souffrant de tumeurs cérébrales. Je vous assure, chères et chers collègues, que quand vous rencontrez ces gens et que vous vous rendez compte de ce que vivent ces familles et ces enfants, eh bien vous avez envie de savoir si le problème vient véritablement de l'exposition à ces produits. Et j'estime, à titre personnel, qu'il revient à la Confédération de faire cela, de ne pas - excusez-moi de l'expression francophone - faire l'autruche, mais de regarder les choses telles qu'elles sont.

Heureusement pour nous, certains cantons sont plus avant-gardistes, notamment le Valais. Je dois le mentionner, parce que le canton du Valais a lancé l'année passée une vaste étude sur l'impact de certains produits qui sont utilisés actuellement dans les vignes, en l'occurrence sur l'impact qu'ils pourraient avoir sur les riverains. Cette étude arrivera à son terme cet été je crois. Pourquoi le canton du Valais a-t-il lancé cette étude? Parce qu'il s'est rendu compte que, depuis un certain nombre d'années, les riverains de ces vignes souffraient des mêmes symptômes que j'évoque dans mon postulat: des problèmes d'asthme, des problèmes de respiration, mais aussi des problèmes beaucoup plus graves allant jusqu'à l'hospitalisation de certaines personnes. Là, on parle d'adultes, mais vous avez vu que mon postulat cible les enfants; la problématique touche tout le monde.

J'en viens à ma conclusion. Je sais qu'en commission le postulat a été vivement discuté et qu'il a été refusé à seulement une voix près - c'est bien dommage -, mais j'ai vraiment le sentiment que si nous n'allons pas dans le sens de ce que propose le postulat, que si nous ne faisons pas l'effort de passer un peu de temps à analyser ce qu'il en est et à faire les études nécessaires - il ne s'agit pas de débloquer de l'argent ou de prendre maintenant des mesures -, nous louperons une opportunité de réellement préserver la santé de nos enfants et d'agir dans une optique de santé publique.

Je vous invite sincèrement à soutenir ce postulat et, donc, à suivre la minorité.