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Parmelin Guy · Bundesrat · 2022-06-14

Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2022-06-14

Wortprotokoll

Le Conseil fédéral reconnaît la grande importance de l'agriculture de montagne et de l'économie alpestre pour la Suisse. Celle-ci contribue grandement au maintien d'un paysage alpestre ouvert, à l'entretien de la surface agricole utile, au tourisme durable, à la préservation de la biodiversité, enfin et peut-être surtout, à la production de denrées alimentaires de qualité.

Le Conseil fédéral est aussi conscient des défis multiples auxquels est confrontée l'économie alpestre, tels que le changement climatique, les exigences croissantes en matière de qualité des produits et la présence croissante des grands prédateurs. Il reconnaît également l'importance de la recherche.

La réponse à ces préoccupations est donnée par Agroscope, qui a été cité par le rapporteur de la commission, de deux façons. D'une part, elle figure dans le programme d'activité d'Agroscope, et d'autre part elle constitue la mission d'une station d'essai décentralisée telle qu'elle a été réalisée.

Vous l'avez dit aussi, Monsieur le rapporteur de la commission, beaucoup de choses se sont déjà passées depuis le dépôt de la motion en mai 2019.

Dans son nouveau programme d'activité pour la période 2022 à 2025, Agroscope a défini trois champs d'action stratégiques en matière de recherche dont les questionnements et les résultats seront cruciaux pour l'agriculture de montagne et l'économie alpestre.

Le premier, c'est l'optimisation de l'utilisation multifonctionnelle des herbages et de l'élevage bovin, et l'adaptation réciproque des deux systèmes.

Le deuxième est la réduction des risques microbiens et de la résistance aux antibiotiques pour des denrées alimentaires sûres. Le troisième est la promotion de la qualité des denrées alimentaires et de l'innovation en matière de produits. Ces trois champs stratégiques de recherche représentent plus de 20 pour cent des jours de travail prévus au budget ordinaire d'Agroscope.

L'agriculture de montagne et l'économie alpestre doivent relever des défis de taille - ils sont énumérés dans la motion. Il s'agit par ailleurs d'aider les exploitants agricoles d'une façon encore plus efficace dans leur travail de tous les jours. C'est pourquoi - je l'ai évoqué tout à l'heure -, Agroscope a aussi créé une station d'essai décentralisée consacrée à l'économie alpestre et à l'agriculture de montagne, ainsi que le prévoit la stratégie d'implantation des sites d'Agroscope. Cette station fonctionne officiellement depuis le 21 juin 2021. Elle conduit actuellement des projets dont les thèmes sont les suivants: une exploitation adaptée aux conditions locales des plantes herbacées résistantes à la sécheresse; des questions concernant l'embroussaillement des pâturages; il y a aussi des questions relatives aux technologies laitières et à la création de nouveaux produits; et, enfin, des questions relatives à des aspects économiques et sociaux, comme la conception de nouvelles formes de coopération et d'exploitation. L'une des forces de la station d'essai décentralisée réside dans l'étroite collaboration qui unit la recherche, les cantons, les filières et la vulgarisation agricole. Les stations d'essai et les fermes expérimentales ont pour avantage de permettre d'apporter rapidement des réponses aux questions qui se posent dans la pratique et de les adapter en plus aux différentes conditions géographiques et climatiques du pays.

Entre 2022 et 2025, Agroscope va donc contribuer à la station d'essai décentralisée à hauteur d'environ 2200 journées de travail supplémentaires par année. Ces ressources supplémentaires proviennent en partie des gains d'efficacité réalisés grâce à la nouvelle stratégie d'implantation des sites d'Agroscope que nous avons mise en place.

Vu les champs de recherche prévus dans le programme d'activités d'Agroscope et l'étroit rapport qu'ils représentent avec l'agriculture de montagne et l'économie alpestre, et compte tenu de la création de la nouvelle station d'essai décentralisée, du point de vue du Conseil fédéral, le but de la motion, à savoir le renforcement de la recherche en faveur d'une économie alpestre moderne, est atteint.

C'est avec ces considérations qu'il faut comprendre la proposition du Conseil fédéral de rejeter la motion. Il ne faut pas comprendre ce rejet comme la volonté de ne pas poursuivre le soutien de la recherche en faveur de l'économie alpestre et des zones de montagne.

J'ai vu que sept personnes ont soutenu la motion, j'allais dire, Monsieur le rapporteur, avec une certaine solidarité. Mais il y a quand même cinq personnes qui se sont abstenues, ce qui indique un léger malaise, c'est pour cela que je souhaiterais quand même avoir un vote sur cette motion. Etant donné qu'il me semble que l'on a déjà fait beaucoup et qu'on va faire encore beaucoup, je crois qu'il faut savoir reconnaître ce qui est fait. Je vous remercie d'avoir reconnu le travail déjà réalisé par Agroscope.