Hurni Baptiste · Nationalrat · 2022-06-15
Hurni Baptiste · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-06-15
Wortprotokoll
En vingt ans, la prime moyenne annuelle d'assurance-maladie est passée de 1850 francs à 3777 francs. Elle a donc doublé, son augmentation étant d'un peu plus de 100 pour cent. Les primes payées par la population suisse chaque année représentent 31 milliards de francs. A cela, les patientes et les patients doivent encore ajouter quelque 20 milliards de francs de leur poche pour payer les franchises, les quotes-parts, les frais dentaires et toutes les autres prestations qui ne sont pas remboursées par l'assurance obligatoire des soins.
Ainsi, dans le système de santé suisse, le patient paye de manière directe et sans intervention de l'Etat 70 pour cent de la facture totale. C'est la part la plus élevée de tous les pays de l'OCDE. Cela représente en moyenne presque 10[NB]000 francs par année et par patient, c'est-à-dire plus d'un salaire médian et demi par année.
Dans la même période de vingt ans, les salaires ont, eux, augmenté d'environ 30 pour cent. Alors, oui, pour celles et ceux dont le revenu est élevé, c'est ennuyeux, mais c'est supportable. Cela agace, mais cela ne change pas fondamentalement la vie. Mais pour les autres, pour ceux qui gagnent normalement leur vie, c'est devenu intenable, impossible à payer et surtout insupportable.
Pour les familles d'abord, qui cumulent deux, trois, quatre ou plus de primes à payer et qui ont un risque accru de devoir financer les franchises et les quotes-parts. Pour les travailleuses et les travailleurs au revenu modeste ensuite, qui [PAGE 1219] n'arrivent simplement plus à payer leurs primes. La conséquence pour ces gens est terrible. C'est le risque d'endettement ou la renonciation aux soins. Car, oui, aujourd'hui en Suisse, faute de pouvoir payer la somme qui équivaut à la franchise ou s'acquitter de la quote-part, certains s'endettent, d'autres renoncent à se soigner.
Dans l'un des pays les plus riches au monde, c'est révoltant! Et avec ce système qui ne recule devant aucun paradoxe, dans le même temps, les réserves des caisses-maladie ont explosé. En effet, dans la même période de vingt ans, elles ont passé de quelque 280 francs par assuré à plus de 1100 francs. Comment cela est-il possible? On pressure les habitantes et les habitants de notre pays comme des citrons et, au bout du compte, les caisses-maladie quadruplent leurs réserves excédentaires.
Oui, le système est profondément malade. Nous l'avons dit en traitant l'initiative du Centre, nous le redisons aujourd'hui. Le système est malade, dysfonctionne, appauvrit les citoyennes et les citoyens de notre pays en enrichissant au passage de nombreux acteurs. De plus, ce système crée des réserves de 12 milliards de francs, pendant que les pauvres gens n'arrivent pas à payer leurs primes. Il faut corriger cela, c'est une urgence sociale absolue!
L'initiative du Parti socialiste (PS) le permet en fixant une règle claire sur le financement. On ne pourra plus consacrer plus de 10 pour cent de son revenu au payement des primes d'assurance-maladie, et ce principe est simplement juste. Cela redonne du pouvoir d'achat aux gens et leur permet simplement de boucler leurs fins de mois. Le système que propose l'initiative fonctionne, puisque le canton de Vaud l'applique, avec des conséquences sociales extrêmement bénéfiques, et qu'il est tenable financièrement.
Réduire les coûts grâce au contre-projet à l'initiative du Centre et soutenir respectivement l'initiative populaire du PS et le contre-projet, voilà comment nous reprenons enfin la main dans un dossier crucial pour toutes et tous, contre un système qui est aujourd'hui une machine à appauvrir la population.
Je vous remercie de soutenir l'initiative populaire et le contre-projet indirect, car ne pas le faire, c'est continuer de ruiner la classe moyenne.