Bendahan Samuel · Nationalrat · 2022-06-15
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-06-15
Wortprotokoll
Pensez donc: parmi toutes les raisons pour lesquelles les coûts sont élevés, il y en a qui sont clairement évitables. Les salaires des "top managers" des compagnies d'assurance-maladie, uniquement des patrons des quelques assurances qu'on a, permettraient à eux seuls de payer 12[NB]000 primes, soit les primes de 1000 personnes durant une année. Avec les salaires des médecins qui sont payés plus de 1 million de francs, on pourrait payer les primes de 26[NB]000 personnes, soit 317[NB]000 primes. Le surcoût de la fourniture en masse d'équipements lourds, particulièrement par des cliniques privées, nous permettrait de payer les primes de 52[NB]000 personnes de plus.
Enfin, si vous voulez vraiment des chiffres qui vous fassent tourner la tête, rien qu'avec les bénéfices de Novartis et de Roche en Suisse, on pourrait payer 100 millions de primes, et même plus que cela, ce serait donc plus que nécessaire pour payer les primes d'assurance-maladie de l'ensemble de la population de notre pays. Je ne parle que des coûts illégitimes, je ne parle que des choses que l'on pourrait vraiment faire ici pour réduire les coûts. Des revenus de plus de 1 million de francs pour des médecins, des revenus de centaines et de centaines de milliers de francs pour des directeurs de compagnies d'assurance-maladie, est-ce normal? Absolument pas.
Il y a encore évidemment des sources de réduction des coûts qui sont peut-être moins faciles à trouver, mais que nous avons la responsabilité de mettre en oeuvre. Qui est [PAGE 1226] responsable de la hausse des coûts de la santé? Qui est responsable du fait qu'il soit possible que, dans notre pays, de telles sommes d'argent aillent dans les poches de si peu de personnes? C'est nous, c'est le Parlement. Ce ne sont pas les personnes ni les familles qui, tout à coup, consacrent 15 pour cent de leur revenu au payement de leurs primes d'assurance-maladie qui sont responsables de ce qui arrive. Que peut faire une famille de la classe moyenne, qui consacre 15 ou 20 pour cent de son revenu au payement des primes d'assurance-maladie, pour lutter contre l'augmentation des coûts de la santé? La seule chose qu'elle peut faire, c'est voter socialiste. Mais sinon elle n'a aucune prise sur les coûts de la santé. Nous, au contraire, avons prise sur ces coûts. Nous avons la possibilité, chaque jour, d'adopter des mesures pour parvenir au but.
La bonne nouvelle avec l'initiative socialiste, c'est la suivante. Si notre Parlement est efficace et parvient à réduire les coûts de la santé, alors immédiatement après nous verrons que les primes d'assurance-maladie seront allégées pour tous les ménages. Il est de la responsabilité de la Confédération d'agir, et donc c'est à elle d'assumer lorsque cela devient complètement abusif pour la plupart des familles de notre pays.
Je vous invite donc à accepter aujourd'hui cette initiative populaire, parce que nous sommes en pleine explosion des coûts de la santé. Le pouvoir d'achat diminue, nous n'arrêtons pas de le dire, et une des causes principales de l'érosion du pouvoir d'achat, c'est l'explosion du montant des primes d'assurance-maladie.
Nous sommes l'organe qui a les moyens d'agir contre cela. Je vous invite donc à protéger la population contre des primes excessives, c'est-à-dire celles qui dépassent 10 pour cent du revenu, en mettant en place le mécanisme proposé par l'initiative, et ensuite, pourquoi pas, à agir ici pour réduire les coûts, particulièrement quand ces coûts sont dus à des profits énormes des multinationales de l'industrie pharmaceutique ou encore d'abus dans le système de la santé. Il est vrai que la plupart des gens qui travaillent dans le domaine de la santé sont des gens qui le font par vocation, avec vraiment la volonté d'améliorer la vie des gens, et il n'est pas juste que nous jetions l'opprobre sur l'ensemble du secteur de la santé parce que quelques acteurs arrivent à s'enrichir massivement dans un pays, je vous le rappelle, où nous payons les médicaments et les équipements massivement plus cher qu'ailleurs alors que nous ne serions pas obligés de le faire.
Je vous invite à alléger le fardeau que constituent les primes pour le pouvoir d'achat des ménages, et à recommander l'acceptation de notre initiative, pour le bien de la population.