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Porchet Léonore · Nationalrat · 2022-09-27

Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2022-09-27

Wortprotokoll

Cette motion est issue d'une discussion autour d'une pétition déposée lors de la session des femmes en 2021, "Egalité des chances en matière de santé sexuelle globale des femmes", qui avait été proposée par la Commission pour la santé sexuelle et la médecine axée sur le genre que j'avais l'honneur de coprésider. C'est à ce titre que je déclare mes intérêts en la matière.

La session des femmes a adopté cette pétition de manière à créer un programme national de santé sexuelle des femmes, considérant que le droit à la santé est un droit humain fondamental ancré dans les accords internationaux et que les femmes, bien trop souvent, et en particulier leur santé sexuelle, sont ignorées des processus médicaux et des réalités de la recherche.

Notre Commission de la sécurité sociale et de la santé publique a décidé d'élargir le champ d'application en ne traitant pas seulement la question de la santé sexuelle, mais plus globalement des affections qui touchent particulièrement les femmes. Cette motion charge le Conseil fédéral de veiller à ce que les maladies et affections touchant particulièrement les femmes soient identifiées plus clairement et fassent l'objet de recherches plus ciblées, mais aussi que des directives relatives au diagnostic, à l'indication et au traitement soient élaborées en collaboration avec des sociétés spécialisées, mais aussi qu'elles soient appliquées. Et pour finir, elle charge le Conseil fédéral de veiller à ce que la promotion de la qualité des traitements des maladies touchant particulièrement les femmes soit définie comme un objectif de la Commission fédérale pour l'égalité.

Ma collègue Humbel a donné deux exemples, que je vais répéter, de maladies touchant spécifiquement les femmes. Je commencerai peut-être par l'endométriose, qui se définit comme la présence en dehors de la cavité utérine de tissus semblables à la muqueuse utérine, mais qui subiront lors de chaque cycle menstruel ultérieur l'influence de modifications hormonales. L'endométriose est une souffrance terrible pour les femmes qui en sont les victimes. La proportion de femmes touchées par cette infection est immense. Elle cause des souffrances physiques, évidemment, mais aussi des incapacités de travail et, il faut le rappeler, une diminution de la fertilité qui cause également des souffrances psychologiques à de très nombreux couples. Autre exemple, le lipoedème, qui est une maladie chronique et évolutive qui implique un dépôt de tissus adipeux sous la peau, ce qui provoque une augmentation disproportionnée et progressive du volume des jambes et, dans certains cas, des bras aussi. Il touche presqu'exclusivement les femmes, le plus souvent entre 15 et 30 ans, bien qu'il puisse se présenter après une grossesse ou la ménopause. Dans les deux cas, ce sont des maladies qui obligent à des diagnostics très longs, ce qui implique donc une augmentation des coûts. Ces maladies ne font l'objet que de très peu de recherches.

Il n'y a pas ou très peu de traitements pour les personnes soignées. Ces maladies entraînent des souffrances physiques et psychologiques très lourdes et souvent des incapacités de travail.

Pour réagir face à cette réalité de la santé féminine et des femmes, la commission a voulu prendre en compte cette spécificité de la santé, mais aussi reconnaître le manque de connaissances de certaines maladies touchant les femmes, qui entraîne beaucoup de souffrances, mais aussi des coûts inutiles avant la pose d'un diagnostic - quand un diagnostic est posé. La prise en charge médicale des femmes devrait être une tâche sociale, à laquelle tous se sentent obligés. Il est prouvé qu'elle est actuellement insuffisante. De nombreux tableaux cliniques concernent spécifiquement les femmes. Ils sont trop peu étudiés et connus des praticiens et des praticiennes. Par conséquent, ces symptômes spécifiques ne sont pas reconnus lorsque les femmes concernées sont soignées. Cela entraîne des risques pour la santé et des augmentations des coûts de la santé.

Une partie de la commission considère cependant que cette motion n'est pas nécessaire et propose de la rejeter, tout comme le Conseil fédéral, qui rappelle qu'un rapport est attendu.

Je vous encourage pourtant à suivre la majorité de la commission, car cette motion propose des solutions concrètes à des réalités concrètes, des réalités qui sont aujourd'hui connues mais trop souvent ignorées, car ce sont souvent des maladies de femmes. Les objectifs poursuivis par cette motion sont louables et peu de gens peuvent s'y opposer : identifier des maladies lourdes - mais peu ou pas connues -, améliorer la prise en charge de patientes dans la souffrance, ce qui améliorera leurs conditions de santé, mais aussi les coûts de la santé, et puis améliorer la qualité par un suivi adéquat.

Je vous remercie de soutenir la proposition de la majorité de la commission.