Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · 2022-11-28
Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-11-28
Wortprotokoll
L'initiative pour les soins infirmiers a été acceptée. Cela fait déjà en soi sensation, puisque, dans notre pays, le nombre d'initiatives populaires qui sont acceptées est plutôt faible, et cela particulièrement lorsqu'elles concernent les conditions de travail. Donc, c'est un évènement que l'acceptation de cette initiative, surtout avec un score très net de plus de 60 pour cent.
C'est un message très fort que donne la population, non seulement à nous, autorités fédérales, mais aussi aux autorités cantonales, sur l'urgence qu'il y a à renforcer les soins qui viennent en première ligne. Il y a en effet un paradoxe dans notre pays: notre système de santé consomme toujours plus de ressources, à tel point que cela est devenu insupportable pour une bonne partie des payeuses et des payeurs de primes d'assurance-maladie, mais ces ressources sont mal attribuées, mal orientées. Elles vont constamment vers les activités lucratives, vers les activités de type commercial, vers les activités électives, celles qui consomment plutôt de la technique, et toujours moins aux soins qui sont en première ligne, qui doivent répondre à l'urgence, aux besoins des enfants, de la pédiatrie. Les gens constatent que, dans les EMS, dans les étages des hôpitaux, le personnel est toujours plus stressé.
Cette contradiction, le peuple nous a donc demandé de la régler en nous invitant à enfin agir pour que les soins de première ligne cessent de s'affaiblir, parce que cela devient très dangereux. Nous avons vécu une crise pandémique durant laquelle nous avons vu à quel point la contradiction entre le financement d'activités très rentables, très lucratives et la rareté du financement pour les soins de première ligne et de première nécessité devenait un risque pour le pays.
Il faut donc agir, et le plus vite possible. Le Conseil fédéral propose de commencer par traiter le contre-projet, contre lequel aucune objection n'avait été exprimée. Les initiants trouvaient qu'il n'allait pas assez loin, mais il n'y avait pas d'objection à l'égard de ce contre-projet. On a donc proposé de réagir d'emblée en examinant le contre-projet, pour qu'au moins la partie formation soit adoptée rapidement.
Cela ne doit toutefois pas nous inciter à nous arrêter là. Il faut à tout prix que des mesures soient prises en faveur des conditions de travail, du renforcement des équipes qui dispensent les soins de première ligne. Ce sont des critères à imposer aux cantons pour qu'ils fixent les conditions de travail, qu'ils s'assurent que ceux qui travaillent dans l'urgence, ont des horaires atypiques, dispensent des soins populationnels, aient de meilleures conditions de travail, si possible, que ceux qui se consacrent à des activités qui sont de manière moins importante orientées vers le service public, de première nécessité, même si évidemment toute tâche dans le domaine des soins a son importance.
Nous vous invitons à rejeter la proposition de la minorité de Courten, qui ne veut même pas de cette première étape. Ce serait vraiment un manque de reconnaissance de la décision populaire.