Vaudroz René · Nationalrat · 2003-03-06
Vaudroz René · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-03-06
Wortprotokoll
Depuis 1995, les chiffres indiquent que l'alcool est la cause probable de 20 pour cent environ des accidents mortels. Ces faits ne peuvent laisser personne indifférent. Je viens d'un canton viticole, je gagne ma vie avec le tourisme et je me rallie au compromis du Conseil fédéral et du Conseil des Etats d'abaisser de 0,8 à 0,5 pour mille le taux d'alcoolémie, et ceci pour différentes raisons.
En tant que vice-président de Swiss Olympic, je représente une association qui se bat contre toutes les drogues: produits dopants, fumée, drogues douces et dures, et aussi l'alcool. Il faut rester logique, savoir donner un signe. Il est évident qu'une disposition qui, à nombre égal de contrôles, met davantage de conducteurs en infraction, aura un effet préventif. Elle sensibilisera la population au fait que si l'on boit de l'alcool au-delà d'un certain seuil alors que l'on devrait prendre le volant par la suite, cela implique de prendre certaines dispositions pour ne pas faire de mal, non seulement à autrui, mais aussi à soi-même.
Je pense que l'abaissement du taux avec un seuil différencié entre 0,5 et 0,8 pour mille est raisonnable. Le degré d'ébriété aura une incidence directe sur les sanctions encourues. Un taux d'alcoolémie entre 0,5 et 0,79 pour mille ne devrait pas être considéré comme un délit qualifié, le conducteur incriminé s'en tirant avec un avertissement. Par contre, conduire avec un taux d'alcoolémie de 0,8 pour mille ou plus serait sanctionné plus sévèrement: retrait de permis durant au moins trois mois, le conducteur risquant en outre l'emprisonnement ou l'amende.
La plupart des pays européens - à l'exception de l'Italie, de la Grande-Bretagne, de l'Irlande et du Luxembourg - ont fixé la barre à 0,5 pour mille ou à moins. Les enquêtes effectuées au sein de l'Union européenne permettent de constater que, si l'abaissement du taux limite s'accompagne de mesures concrètes de contrôle, les conducteurs se mettent plus rarement au volant après avoir consommé de l'alcool. Il faut aussi avoir à l'esprit le fait que l'influence de la consommation d'alcool sur la capacité de conduire est particulièrement marquée lorsque surviennent des situations particulières: obstacles surgissant de manière imprévisible, tronçons de route inconnus et sinueux, mauvais comportement d'un autre conducteur.
Pour conclure, je dirai qu'il n'est pas question ici d'interdire à qui que ce soit de boire un verre ou plus, mais qu'il s'agit bien de faire prendre conscience qu'au-delà d'une certaine quantité d'alcool ingurgitée, nos comportements sont modifiés et qu'il est nécessaire, pour tous ceux qui doivent prendre le volant, d'en tenir compte. C'est un signal que nous donnons pour plus de prudence et de responsabilité.
C'est aussi en consommant moins de vin étranger non qualifié, mais du vin suisse de qualité que nous soutenons le secteur vitivinicole helvétique. Et là, nous avons de nombreuses opportunités, dans des circonstances où nous ne prenons pas forcément le volant. A Berne, nous restons souvent sur place.
Pour toutes ces raisons, je vous invite à adopter la proposition de la commission.