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Weber Céline · Nationalrat · 2022-12-06

Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2022-12-06

Wortprotokoll

Permettez-moi de commencer cette prise de parole par un peu d'histoire. Le premier Suisse à avoir foulé le sol japonais était un mercenaire répondant au nom d'Elie Ripon et originaire de la région lausannoise. C'était en 1623 et c'était pour le compte de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. A cette époque, c'était en effet cette compagnie qui acheminait les marchandises suisses vers l'archipel.

Depuis 1623, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. La Suisse traite désormais directement avec le Japon. Un accord de libre-échange a été signé en 2009, et en 2014, la Suisse et le Japon fêtaient cent-cinquante ans de relations diplomatiques. Les relations entre nos deux pays sont donc riches d'une longue histoire, et la présence de la Suisse à l'Exposition universelle d'Osaka est une évidence pour le groupe vert'libéral.

En effet, malgré la grande distance qui les sépare, la Suisse et le Japon partagent de nombreux points communs. Les deux pays sont des leaders en matière d'innovation, avec de hautes écoles de pointe, d'un côté comme de l'autre. D'ailleurs, les acteurs du domaine FRI, c'est-à-dire de la formation, de la recherche et de l'innovation, ont non seulement montré un vif intérêt pour la participation de la Suisse à l'Expo d'une manière générale, mais ont également envisagé de participer eux-mêmes directement à des projets liés au pavillon suisse.

Avec le Japon, nous partageons également l'enthousiasme et la volonté de développer des grandes infrastructures, notamment ferroviaires. D'ailleurs, la Suisse et le Japon se partagent régulièrement la tête des classements mondiaux du transport ferroviaire selon que l'on considère le nombre de trajets par habitant ou le nombre de kilomètres parcourus. Je citerai également, pour terminer cette liste non exhaustive de points communs, que le Japon, tout comme la Suisse, est également très préoccupé par le changement climatique et redouble d'efforts pour trouver des solutions. D'ailleurs, c'est au Japon que se trouve le premier village zéro déchet au monde. Nos deux pays ont donc beaucoup à échanger et à apprendre l'un de l'autre dans une multitude de domaines.

Le groupe vert'libéral, qui s'est toujours montré très ouvert aux relations de la Suisse avec les différents partenaires internationaux, salue, à ce titre, la participation de la Suisse à l'Expo d'Osaka. A l'heure où il est de plus en plus difficile de savoir de quoi demain sera fait, que ce soit au niveau de nos relations avec nos voisins directs ou de la sécurité en Europe et dans le monde, chaque occasion qui permet d'entretenir des relations avec des partenaires historiques et qui partagent les mêmes valeurs démocratiques que nous doit être saisie. Cette expo en est assurément une.

Mais au-delà des relations diplomatiques et commerciales, une exposition universelle, c'est également une extraordinaire opportunité de montrer quelles sont nos valeurs à un public très large. Rappelons qu'à Dubaï le pavillon suisse a attiré pas moins de 1,7 million de visiteurs. Une exposition universelle, pour la Suisse, c'est une plateforme qui lui permet d'accroître sa visibilité, d'attirer l'attention sur des valeurs qui lui sont chères et de les faire rayonner dans toute une région, en l'occurrence, la région de l'Est asiatique.

En vertu de la décision du Conseil fédéral, il s'agira pour le pavillon suisse de "montrer, à l'aide d'exemples concrets issus de l'économie et de la recherche, comment la force d'innovation de la Suisse contribue à la prospérité et au développement durable". Inutile de préciser que ce thème nous parle à nous, Vert'libéraux, qui nous sommes depuis toujours investis pour que le développement durable aille de pair avec toute activité humaine, et pour que l'écologie et l'économie soient partenaires et non adversaires.

L'innovation comme moteur de la prospérité et du développement durable, ce sera le cas non seulement au niveau des thèmes abordés mais également de la construction du pavillon lui-même. Lors de l'appel d'offres pour la construction du pavillon, l'accent sera en effet mis sur l'utilisation de matériaux de construction durables et produits localement, et sur la possibilité d'utiliser le pavillon sur un autre site après l'exposition. Les entreprises mandatées pourront ainsi développer un savoir-faire et des compétences qui revêtent une importance prépondérante à l'heure actuelle et qui doivent absolument être davantage développées.

Enfin, il convient de rappeler également qu'un pavillon n'est pas une fin en soi, mais un écrin permettant à de nombreux acteurs de se présenter et de donner envie aux visiteurs de venir en Suisse en tant que touristes et/ou de collaborer avec la Suisse, que ce soit dans le domaine de la recherche, de l'industrie, du tourisme, des services, et j'en passe.

Vous l'aurez compris, le groupe vert'libéral soutiendra la participation de la Suisse à l'Exposition universelle d'Osaka. Je vous remercie de bien vouloir en faire autant.