Juillard Charles · Ständerat · 2023-03-01
Juillard Charles · Ständerat · Jura · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2023-03-01
Wortprotokoll
Quelques mots sur le rapport tout d'abord. Je m'arrêterai sur un point en particulier, à savoir la volonté de rapprochement avec les organes de sécurité de l'Union européenne et de l'Otan.
J'ai fait partie de la délégation qui s'est déplacée à Bruxelles et qui a eu l'occasion de rencontrer des fonctionnaires de l'Union européenne et de l'Otan. J'insiste sur le terme "fonctionnaires", parce qu'en discutant avec eux, vous vous rendez compte qu'ils n'ont pas le même langage que les politiques et les ministres des gouvernements qui composent ces différentes organisations. Que peut-on retirer de cette visite? A mon avis, la volonté exprimée dans le rapport de collaborer, et notamment de se rapprocher de l'Union européenne, me paraît aujourd'hui un peu difficile, voire utopique, parce que l'Union européenne n'a toujours pas de défense commune. Elle s'y met, et il est vrai que le déclenchement de la guerre de la Russie contre l'Ukraine a effectivement motivé l'Union européenne à réfléchir plus rapidement à ce [PAGE 49] rapprochement. Pour l'instant, elle peut être un partenaire, mais qui n'est pas encore suffisamment fiable.
L'Otan, il faut bien le reconnaître, qu'on le veuille ou non, que cela nous plaise ou non, est pour l'instant la seule organisation de sécurité du continent qui permette d'avoir une défense efficace, une défense de nos pays, de nos valeurs, de ce pour quoi nous nous battons. Mais les fonctionnaires de ces deux organisations nous ont dit clairement qu'ils sont prêts à discuter, qu'ils n'attendent rien de nous, que nous pouvons formuler des demandes, mais aussi, dans la foulée, qu'ils sont très attentifs à un point sur lequel ils attendent une réponse concrète: allons-nous participer avec eux aux efforts qui sont engagés, notamment en autorisant la réexportation de matériel militaire vers des pays qui participent à cet effort? Aujourd'hui, on connaît la réponse à cette question, du moins pour le moment.
Aujourd'hui, il faut donc bien reconnaître que ni l'Union européenne - et là c'est plutôt au niveau des politiques - ni l'Otan ne sont prêts à travailler véritablement avec nous, à collaborer avec nous, à se rapprocher de nous en matière de défense. Alors avec qui allons-nous coopérer? Cette question reste totalement ouverte et je crois qu'il faudra que nous puissions y répondre rapidement, lorsque nous aurons des débats sur d'autres thèmes, en particulier sur la réexportation de matériel militaire et de munitions.
En ce qui concerne le postulat: j'y suis opposé, non pas parce qu'il ne pose pas les bonnes questions - il les pose ou, plutôt, il les rappelle - mais parce qu'il y en a déjà de nombreuses qui sont posées dans différentes interventions parlementaires. Alors est-ce qu'il faut encore un postulat supplémentaire pour apporter des réponses que nous aurons de toute façon par le biais de celles qui seront apportées à ces différentes interventions? Pour ma part, très clairement, je préfère que l'administration passe son temps à mettre en oeuvre les décisions que nous prenons ainsi que des décisions du Conseil fédéral, plutôt qu'à rédiger un rapport supplémentaire qui - je l'ai dit - n'apportera pas beaucoup d'éléments nouveaux dans le cadre des discussions que nous avons.
Pendant que nous discutons de ce rapport, nous n'apportons toujours pas de réponses à nos voisins qui soutiennent l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie. Je crois que nous devons y penser. Ce ne sera pas en apportant des réponses excellentes quand la guerre sera finie que nous aurons apporté notre contribution à la paix sur ce continent. Il vaut mieux - j'ai toujours appris cela - prendre une décision moyenne à temps qu'une excellente décision trop tard.