Bulliard-Marbach Christine · Nationalrat · 2023-03-14
Bulliard-Marbach Christine · Nationalrat · Freiburg · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2023-03-14
Wortprotokoll
Votre Commission de politique extérieure a discuté en détail du rapport de politique extérieure pour l'année 2022 lors de sa séance du 13 février. Toutes les délégations ont remercié le DFAE pour la précision de son rapport constitué de douze chapitres très clairs et allant à l'essentiel.
Les différents chapitres montrent bien quels événements ont marqué la politique étrangère suisse en 2022 et quels ont été les défis. Il est dans la nature des choses que ce rapport descriptif soit, avant tout, une rétrospective. Cela n'a pas empêché la commission de continuer d'émettre le souhait d'obtenir des perspectives plus stratégiques. Certaines voix ont souhaité que ce rapport porte un regard plus critique sur les actions menées. Dans l'ensemble, le DFAE a reçu des éloges pour ce document.
L'année sous revue a été marquée par la terrible guerre en Ukraine. Ce sujet fait d'ailleurs l'objet d'un important chapitre. Cette guerre marque un véritable changement d'époque pour l'Europe.
Les conséquences sont multiples. Pensons par exemple à la politique de sanctions généralisées, à l'inflation galopante et aux crises alimentaires, ainsi qu'aux changements dans l'approvisionnement énergétique et aux conséquences qui en découlent pour la transition vers les énergies renouvelables.
La politique de sécurité européenne a également subi un changement brutal. En très peu de temps, l'Otan a repris de l'importance, et plusieurs Etats sont sur le point d'y adhérer. Les questions sur l'armement et la livraison d'armes marquent la politique nationale et internationale. Les conséquences à moyen et à long terme de cette guerre ne peuvent pas encore être évaluées aujourd'hui. En revanche, ce dont nous sommes à peu près sûrs, c'est que le statu quo d'avant le déclenchement de cette guerre ne sera pas rétabli de sitôt.
Au niveau mondial, l'issue de ce conflit pourrait confirmer la thèse selon laquelle les Etats autocratiques gagnent du terrain et que la démocratie est menacée à différents endroits. L'ordre mondial devient de moins en moins global, l'importance de l'Occident et de la démocratie sont en recul. Cette évolution représente un risque pour la sécurité mondiale et, en Europe, nous le ressentons en direct. La politique étrangère atteint ainsi un niveau de complexité jamais vu, y compris en Suisse.
La réponse de la Suisse est un exercice d'équilibrisme: nous reprenons les sanctions internationales à l'encontre de la Russie, et la Suisse s'engage pour le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies. En même temps, nous tenons à notre neutralité lorsqu'il s'agit d'intervenir dans un conflit militaire et de livrer des armes. Il n'est pas étonnant que cette attitude génère des discussions sur l'orientation et l'interprétation de la neutralité de notre pays. Elles ne sont d'ailleurs pas prêtes de s'arrêter. La commission a mené un débat sur la cohérence de la politique actuelle de neutralité du Conseil fédéral. Plusieurs membres de la commission souhaitent une stratégie plus claire dans l'application de cet instrument et plaident pour un renforcement du leadership du Conseil fédéral sur ces questions.
Le multilatéralisme est un autre point fort de ce rapport de politique extérieure. Le fait que la Suisse soit représentée au Conseil de sécurité de l'ONU en 2023 et 2024 est une chance aux yeux de la commission. C'est l'occasion de faire valoir ses valeurs au niveau international et, si possible, de mettre en place des réformes.
Pour conclure, la Commission de politique extérieure a examiné le rapport dans sa version actuelle et en a pris connaissance.
Au nom de notre commission, je vous demande d'en faire autant.