AB 317856
Pointet François · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2023-03-16
Wortprotokoll
Lors de la conférence de presse du 7 septembre dernier, vous avez dit, Madame la conseillère fédérale, que la Suisse devait être capable, autant que possible, de protéger et de défendre seule son territoire et sa population dans toute l'étendue des menaces et des dangers. On remarque les termes "autant que possible" qui allègent un tout petit peu la pression, mais c'est ici qu'il ne faut pas se bercer d'illusions.
Pour mémoire: actuellement, nous n'assurons pas seuls la sécurité de notre pays. Notre participation à Schengen en est l'exemple, les collaborations pour la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme en sont un autre, et je passe sur les collaborations actuelles très efficaces pour assurer la police aérienne. Et nous pourrions parler des collaborations en matière de lutte contre les feux de forêts ou d'aide en cas de catastrophe - notre collègue Michel Matter vous en a parlé tout à l'heure.
Il n'est pas raisonnable de conserver cet objectif du point de vue militaire, ou plutôt de se bercer d'illusions en imaginant que se défendre seuls dans tous les cas est possible, en particulier dans le cyberespace, contre la désinformation et contre les attaques aériennes à longue portée. Nous devons être capables de collaborer et nous devons montrer que nous sommes capables d'apporter notre pierre à l'architecture sécuritaire de l'Europe, et cela peut se faire, j'en suis convaincu, en conservant notre neutralité.
Je ne peux que citer le rapport au Conseil fédéral sur la politique de sécurité de la Suisse de M. de Dardel: "Au vu de l'amplification de la menace, [...] la Suisse ne peut faire l'économie d'une mise à jour de sa politique de neutralité, de sa politique de sécurité et des modalités et de l'intensité de sa coopération internationale en matière de défense et de sécurité au plan militaire et civil."
Au demeurant, nous voyons que la mise à jour de notre politique de neutralité à travers notre politique de réexportation d'armes ou autre patauge, c'est le moins qu'on puisse dire. Pour notre armée, il est temps d'aller de l'avant.
Il faut comprendre cette motion ainsi: l'interopérabilité complète doit nous permettre de rapidement agir en collaboration avec nos voisins si la menace sur l'Europe est telle que nous nous considérons comme agressés.
Prenez l'exemple de la Suède et de la Finlande.
Certes, les rapports rendus récemment et les annonces effectuées par le DDPS vont dans le bon sens, et nous saluons ces avancées, mais les réflexions doivent aller plus loin et plus vite. Une interopérabilité ambitieuse doit aussi contenir des aspects positifs pour notre futur partenaire: nous devons discuter de ce que nous avons à offrir et de ce que nous sommes prêts à offrir. Nous devons respecter notre neutralité, et donc une adhésion à l'Otan est actuellement hors de question. Mais des solutions existent, par exemple la promotion de la paix ou l'aide en cas de catastrophe, et surtout nous devons être prêts à agir aux côtés de l'Otan et de l'Europe si le continent s'embrase.
L'interopérabilité demandée a des conséquences sur la doctrine d'engagement, sur les capacités à disposition de l'armée, sur l'équipement de notre armée, sur l'intégration possible dans la logistique européenne et sur l'aspect quantitatif de chaque capacité.
En bref, je vous invite à soutenir cette motion comme signal de soutien à la démarche du DDPS et pour accélérer le mouvement.