Matter Michel · Nationalrat · 2023-04-11
Matter Michel · Nationalrat · Genf · Grünliberale Fraktion · 2023-04-11
Wortprotokoll
L'affaire du Credit Suisse est un fiasco pour la Suisse, un pays connu pour sa stabilité et sa solidité qui normalement profitent à l'ensemble de nos entreprises et à notre économie. Beaucoup disent que ce fiasco était attendu. Depuis de longs mois, le Credit Suisse a occupé la une des journaux, sur papier ou en ligne, notamment pour ce qui concerne sa propre gouvernance et la gestion des risques. Beaucoup ont évoqué le terme de confiance, comme si la confiance n'était que la seule raison d'un marasme financier.
Rares sont ceux qui ont souligné le changement de paradigme entre un secteur financier qui a toujours, toujours recherché la stabilité, une stabilité qui est l'incarnation de notre pays, avec une économie prospère et solide, et à l'inverse le non-sens complet - et la situation actuelle dramatique le prouve - d'une instabilité construite sur la recherche de profits à court terme fondés sur la fluctuation des marchés à la hausse ou à la baisse. Ce changement de culture inadmissible a des conséquences terribles. Et l'on pense en premier lieu aux employées et aux employés du Credit Suisse en Suisse et à l'étranger.
Stabilité, instabilité, ou la détestable histoire d'une gouvernance et d'une gestion en complètes disgrâce et déroute, tant financière que morale, car à trop vouloir, on vacille puis on tombe, irrémédiablement. Victor Hugo a écrit: "Soyez comme l'arbre, changez vos feuilles, mais jamais vos racines ... (Ne changez) jamais vos principes". La déstabilisation du Credit Suisse créée par une sortie de fonds d'une ampleur jamais vue a nécessité l'intervention de la Banque nationale suisse, de la Finma et de la Confédération pour éviter une crise financière internationale, une responsabilité ici assumée.
Nous devons garder à l'esprit que la solution proposée a permis d'éviter une crise beaucoup plus importante. Cela montre à quel point notre pays conserve la capacité de gérer de telles situations. Nous avons eu la capacité d'affronter la crise COVID-19 et d'être là pour les entreprises et la population sur le plan financier et avec des aides directes. La Suisse reste solide et sait passer les crises. Cela est rassurant.
Personne ne peut affirmer aujourd'hui qu'il n'y aura plus de crise financière, que la stabilité est définitivement retrouvée, que le cadre légal, aussi bien réfléchi soit-il, sera suffisant.
Notre pays s'est réveillé avec une mégabanque qui concentre, à elle seule, un nombre disproportionné de risques pour l'économie suisse et la place financière. La reprise du Credit Suisse par l'UBS reste choquante du point de vue de la concurrence, du libéralisme et de la politique démocratique. La notion de risque est omniprésente.
Chacune et chacun s'accorde pour une surveillance renforcée, pour donner aux autorités des outils plus efficaces. Des exigences plus strictes en matière de fonds propres et de liquidités pour les banques d'importance systémique sont là encore une évidence. Au-delà des nombreuses questions posées par les mesures prises, et à prendre, qui demandent des réponses sous la forme d'une analyse approfondie des évènements et des circonstances, le groupe Vert'libéral soutiendra les deux crédits d'engagement supplémentaires urgents en faveur de la Banque nationale suisse et de l'UBS, qui s'élèvent à 109 milliards de francs. Nous considérons qu'il n'est ni judicieux ni approprié de lier l'approbation des crédits d'engagement à des conditions. Les conditions-cadres de l'utilisation des crédits sont là pour donner au Conseil fédéral des précisions sur l'exécution des crédits.
Les Vert'libéraux soutiendront les propositions de la majorité ainsi que la proposition de minorité Gmür Alois qui vont dans le sens de la démarche de vos Commissions des finances, qui consiste à demander des rapports de contrôle au Conseil fédéral par le biais de postulats.