Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · 2023-04-11
Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2023-04-11
Wortprotokoll
Si les rapports demandés par tous ces postulats servent juste à absorber le mécontentement général, y compris celui du groupe des Verts, ce ne sera pas suffisant. S'ils servent à apporter des éclaircissements pour endiguer cette culture du risque stimulée par des bonus faciles, et pour recalibrer et réguler le secteur financier au service de la société et des entreprises, alors ces rapports seront utiles. Mais on sait qu'ils ne suffiront pas et qu'il faudra légiférer.
Des propositions supplémentaires ont été émises ces trois dernières semaines, même si l'on connaît déjà certaines solutions; le Parlement n'a pas voulu de ces réformes lors de la crise de 2008 et les années qui ont suivi. C'est rageant, car une partie de la responsabilité de cette débâcle en découle.
Quand la révolte s'estompera, le choc passé, combien de parlementaires opposés à plus de régulation dans ce Parlement, remercieront pour les rapports et refuseront à nouveau de limiter les bonus? En Suisse, la rémunération variable du secteur financier peut équivaloir à cinq fois le salaire! Et en dix ans, Credit Suisse a versé 32 milliards de bonus à son "top management"! Combien rejetteront les demandes des Verts exigeant aussi d'associer des objectifs de durabilité pour les banques, en cas de sauvetage étatique notamment? Sur qui pourrons-nous compter?
Au milieu de la rage et du regret des conséquences sociales et financières de ce fiasco, il y a une certitude: l'image de la Suisse a pris un coup et il faudra la restaurer, restaurer la crédibilité de la place financière suisse par une culture de la responsabilité. Qu'on nous trouve à nouveau ennuyeux, mais sérieux et fiables! Cette confiance est à reconstruire face à nos concitoyennes et concitoyens, face à notre économie et face au monde.
Cet aspect a peu été abordé ce soir, de même que le suivant. Entre 2016 et 2020, Credit Suisse et UBS ont investi ensemble environ 120 milliards de francs dans l'industrie des énergies fossiles. La place financière suisse possède un puissant levier, au niveau international, pour lutter contre le réchauffement climatique, la pollution environnementale et l'érosion de la biodiversité. Prendre en compte ces risques financiers en devenant leader de la finance durable est une voie que les Verts privilégient, aussi pour restaurer l'image de la place financière suisse.
Si les travaux du Parlement semblent arriver comme la grêle après les vendanges, la qualité de notre action se mesurera à notre volonté politique de réguler un secteur qui prend la société en otage et dont les risques sont trop gros en l'état.
Les propositions vertes sont nombreuses et le groupe des Verts appuiera les mesures mettant la place financière suisse au service de l'économie réelle et de la société. Poser ce cadre est de notre responsabilité.