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preparatory:AB 320168

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2023-05-31

Wortprotokoll

J'aimerais commencer par remercier la présidente de la Commission de gestion, Mme la conseillère nationale Birrer-Heimo, ainsi que les membres de la commission, Mme Feri, MM. de Courten et Heer, pour leur rapport très complet. De mon côté, je ne vais peut-être pas aborder les éléments de manière trop détaillée, mais faire quelques considérations générales sur la situation.

Tout d'abord, j'aimerais vous rappeler que tout le travail du Conseil fédéral se base sur les lignes directrices de la législature actuelle, fixées il y a quelques années déjà. La discussion qui avait conduit à ces lignes directrices a eu lieu en 2018/19. Je vais les rappeler ici, parce qu'il est peut-être important de pouvoir redire sur quelles bases nous travaillons.

La première ligne directrice consiste à pouvoir assurer la prospérité de la Suisse et à saisir les chances qu'offrent le numérique et le développement durable; la deuxième, c'est le soutien à la cohésion nationale et le travail pour le renforcement de la coopération internationale; la troisième, c'est que la Suisse assure sa sécurité, s'engage pour la protection du climat et des ressources naturelles, et agisse en partenaire fiable sur le plan international.

C'est quand même assez intéressant de voir que ces lignes ont été fixées il y a quelques années, alors que le monde était différent et que la place de la Suisse sur le continent et dans le monde était différente de celle d'aujourd'hui.

Dans l'intervalle, il s'est passé beaucoup de choses. La crise du COVID-19, qui nous a beaucoup occupés, a été une épreuve importante pour nos institutions, notre population et notre pays. L'éclatement de la guerre en Ukraine: qui eût imaginé, il y a encore quatre ou cinq ans, que la situation que nous vivons aujourd'hui eût été possible à si court terme sur le continent? On peut penser évidemment aussi aux problèmes d'approvisionnement énergétique, de prix de l'énergie, d'inflation. Tous ces éléments n'étaient pas présents au moment de l'élaboration de ces lignes directrices, mais nous devons constater, alors que les crises ont une tendance un peu fâcheuse à se succéder - parfois même à se nourrir entre elles et se renforcer - que ces lignes directrices restent absolument pertinentes.

Un élément intéressant: nous continuons à travailler sur la base de ces lignes directrices, de manière à pouvoir gouverner et conduire le pays dans des temps qui sont assez chahutés - le monde est autre, mais les enjeux, globalement, restent identiques.

Je ne vais pas passer maintenant en revue chacune de ces lignes directrices pour vous répéter tout ce qui a été fait par le Conseil fédéral durant l'année 2022 écoulée - vous avez un rapport écrit qui le rappelle.

J'aimerais toutefois rappeler deux ou trois statistiques assez intéressantes: durant l'année 2022, le Conseil fédéral s'est réuni 37 fois en séance ordinaire et 11 fois en séance extraordinaire. C'est assez intéressant, car au moment où ces lignes directrices ont été élaborées, selon l'expérience que j'ai eue au Conseil fédéral ces dernières années, une séance extraordinaire était très rare; c'était une exception.

Depuis 2020, nous avons eu l'habitude d'avoir un certain nombre de séances extraordinaires. Nous avons pensé que cela serait passager. En 2021, cela a été la même chose. Nous nous sommes dit que la crise du COVID-19 arrivait bientôt à son terme. En 2022, cela a été de nouveau la même chose, mais pour d'autres raisons. En 2023 déjà - sans vouloir trop anticiper, mais au début de cette année, comme vous le savez, en mars en particulier - nous avons adopté une réaction nécessaire, dans l'urgence, face à une situation qui pouvait être menaçante pour nos institutions et pour l'équilibre financier et économique de notre pays. Tout cela pour dire que cette situation a fortement changé, mais que les institutions restent solides. Elles sont capables d'adaptations, aussi bien sur le plan du travail parlementaire que pour l'exécutif, le Conseil fédéral. Nous devons donc avoir beaucoup de modestie face à ces changements rapides et importants qui concernent notre pays et notre place sur le continent et dans le monde.

Voilà peut-être les éléments que je souhaitais ajouter - au-delà des éléments très concrets sur le rapport de gestion - pour vous dire que nous sommes heureux et assez fiers aussi de pouvoir disposer d'institutions et de travailler dans un cadre qui nous permet de faire face, de répondre à ces exigences du temps et de toujours chercher la meilleure position, la meilleure place, le renforcement de notre pays et de sa population.