Mazzone Lisa · Ständerat · 2023-06-01
Mazzone Lisa · Ständerat · Genf · Grüne Fraktion · 2023-06-01
Wortprotokoll
Cela a été dit, c'était vraiment l'enseignement qu'on a tiré lors du dernier débat sur le "Mantelerlass". On fait de grands efforts pour la production; on se fixe des objectifs ambitieux; on se donne les moyens de les réaliser, y compris des moyens qui vont relativement loin. Mais ce qui fait encore défaut dans ce projet, ce sont les mesures d'efficacité et de réduction de la consommation, en sachant que le potentiel d'économies d'énergie, seulement par le biais de mesures d'efficacité, est estimé à un tiers de notre consommation. Vous savez que c'est l'équivalent de la production d'électricité au moyen de l'énergie nucléaire en Suisse. Ces mesures d'efficacité fonctionnent.
Cela a été dit: face à l'augmentation de la consommation découlant d'une autre crise, qui est la crise climatique, on doit d'autant plus réaliser ces mesures d'efficacité. On ne peut plus se permettre de gaspiller autant de courant. Nous avons besoin d'un système qui soit efficace - sur ce point, je rejoins ce qui a été dit - s'agissant des mesures d'efficience. Ce n'est pas simplement une déclaration d'intention. On doit avoir les moyens pour le faire, parce que jusqu'à présent, la déclaration d'intention, cela n'a pas fonctionné.
Oui, il peut paraître paradoxal - c'est l'image du chien et de sa saucisse - de demander à des entreprises qui vendent de l'électricité d'aider leurs clients à en économiser. Mais, en fait, quand on y pense, c'est la seule solution pour mettre fin à la spirale du gaspillage, à savoir que si nous ne mettons pas en place un cercle vertueux, on cherchera à économiser d'un côté ce que d'autres chercheront à vendre de l'autre. On ne s'en sortira pas. Et on n'arrive pas à mettre en oeuvre les mesures d'efficacité, ou pas de façon suffisante.
Ce modèle fonctionne dans le canton de Genève - je fais un petit peu de publicité: je pense que cet exemple tiré de la pratique a vraiment fait ses preuves, à savoir le modèle Eco 21, qui existe depuis 2007.
Ce modèle a été mis en place par les Services industriels genevois (SIG) pour accompagner la population et les entreprises dans les économies d'énergie. Ainsi, malgré la forte augmentation de la population que l'on a connue à Genève, la consommation d'électricité a diminué de 8,5 pour cent. Rien que l'année dernière, le programme a permis d'éviter l'équivalent de la consommation de 84[NB]000 ménages. Donc, on l'a dit, il peut s'agir de conseils, d'accompagnement, de diagnostic de consommation, d'aides financières. L'avantage est que ces entreprises-là connaissent leur clientèle, elles connaissent leur consommation et elles sont les mieux à même de les conseiller et de les accompagner. C'est ce qu'on a constaté à Genève et cela fonctionne. Et cela fonctionne aussi avec les entreprises.
Ce service est aussi utile pour l'économie locale, qui réalise les travaux concrètement. Un travail étroit se fait avec le tissu économique: chaque année, les SIG forment entre 500 et 700 personnes au sein des entreprises, soit des chauffagistes, des électriciens, des ingénieurs. On a réussi ainsi, à Genève, à baisser la consommation de près de moitié plus que dans le reste de la Suisse. Je ne pense pas que nous soyons plus intelligents que les autres, mais il y a là un modèle qui a été financé par des fonds publics, à l'époque en raison d'une soulte d'Alpiq, et il y a eu la volonté des pouvoirs publics de financer ces mesures d'efficacité.
L'enjeu est ici de mettre en place un système à cette image, pour que cette approche se diffuse et que l'on réalise enfin et dans toute leur ampleur les mesures d'économie d'énergie. On ne peut pas se permettre de continuer à porter atteinte à la nature de cette manière, en continuant à gaspiller de l'électricité.
On a entendu les craintes de certains gestionnaires de réseaux de distribution. Je pense qu'il faut bien lire la proposition. D'autres entreprises de plus grande dimension peuvent aussi prendre en charge des mesures d'efficacité sur le territoire de ces plus petits gestionnaires de réseau.
Ce ne serait pas la première fois que ces plus petits gestionnaires de réseaux travaillent avec des plus grands, que ce soit dans la comptabilité ou dans l'achat et la vente. En fait, ce travail en collaboration avec des plus grands est déjà une réalité aujourd'hui. Mais l'objectif est justement de mettre en place ce système, avec également la possibilité de réaliser ces mesures d'économie à l'échelle du territoire. L'objectif est que l'on atteigne les objectifs que l'on s'est fixés.
Je pense que ce que l'on fait est une chance pour les entreprises électriques de développer un secteur d'activité dont on va de toute façon avoir besoin dans les années à venir, avec un mécanisme qui permet aussi d'avoir des possibilités de financement. C'est en effet l'un des enjeux: si l'on veut [PAGE 430] résoudre ce paradoxe, on a aussi besoin d'avoir des possibilités de financement et là c'est le cas.
C'est pour cela que je vous invite à soutenir la proposition de la majorité et à équilibrer ce projet. On fait un pas important en direction de la production, mais on doit aussi montrer qu'on ne veut pas gaspiller l'électricité. C'est la preuve ici, avec une mesure efficace qui existe dans un grand nombre d'autres pays. Il n'y a pas de raison que cela ne fonctionne pas chez nous, y compris dans un marché qui est partiellement libéralisé et partiellement non libéralisé. C'est tout à fait possible de le réaliser. C'est pour cela que je vous invite à suivre la majorité.