Juillard Charles · Ständerat · 2023-06-06
Juillard Charles · Ständerat · Jura · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2023-06-06
Wortprotokoll
Gouverner, c'est prévoir. Je suis le premier à critiquer le Conseil fédéral d'être trop souvent dans la réaction face à des situations pour, aujourd'hui, ne pas le féliciter de vouloir anticiper, anticiper une situation qui devient intenable, pour les cantons, pour les communes - elles nous l'ont dit -, parce que nous faisons face à un afflux incroyable de demandeurs d'asile.
Aujourd'hui, on nous demande un crédit - cela a été dit et répété, ne nous trompons pas de débat -, le Conseil fédéral nous demande de l'argent pour anticiper, pour prévoir des solutions pour faire face à cet afflux et à l'obligation que nous avons d'accueillir décemment ces différentes personnes. Alors oui, peut-être que pour notre collègue Damian Müller, ce n'est pas d'abord pour les exilés d'Ukraine que ces conteneurs seront faits, mais tout simplement parce que, pour les autres requérants d'asile qui arrivent, nous n'avons plus de place. Parce qu'on accueille les Ukrainiens là où normalement, les cantons accueillent d'autres requérants d'asile. Il faut de toute façon trouver des solutions. Or, dans cette première phase d'asile, c'est la Confédération qui est compétente et doit assurer le financement. Nous devons aider à trouver des solutions.
Je vous rappelle que nous avons accepté, en début d'année, l'engagement de l'armée au profit du SEM, pour encadrer la mise à disposition d'installations militaires pour accueillir ces requérants d'asile. Que se passe-t-il? Je le vois très bien dans mon canton: à Bure, il y avait d'abord eu des salles de gym, ensuite une halle des chars qui avait été [PAGE 480] aménagée pour accueillir des requérants d'asile. Il s'est trouvé qu'à la suite d'un article de presse, le SEM a dû changer son fusil d'épaule et héberger ces requérants d'asile dans les casernes. Il s'en est suivi que les militaires qui devaient aller faire leur service à Bure dans les casernes ont été dispersés dans les villages, dans les abris de protection civile, car il n'y avait plus de place dans ces places d'armes. Aujourd'hui, la question est claire: le DDPS doit récupérer ces places pour nos soldats, pour nos recrues. Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas réfléchir à ce que nous devons faire des personnes que nous accueillons. Je ne dis pas que la solution qui nous est proposée aujourd'hui est la bonne ou qu'elle est suffisamment aboutie; au contraire, je pense que d'autres réflexions sont encore à mener, avec la protection civile et des friches industrielles, voire des immeubles qui[NB]sont[NB]vides[NB]ou[NB]occupés[NB]par des squatteurs dans certaines villes.
De nouveau, je pense que, de ce côté-là, il s'agit d'un autre débat. Aujourd'hui, on nous demande de l'argent pour aller vers une solution. Je soutiendrai la proposition de la majorité de la Commission des finances, mais j'en appelle aussi au Conseil fédéral et au SEM en particulier d'examiner s'il n'y a pas d'autres solutions que les emplacements qui sont aujourd'hui prévus. Si l'on en reste à des places d'armes, il y a aussi d'autres places d'armes qui bénéficient annuellement d'énormes sommes d'argent de la Confédération. On pourrait peut-être là aussi prévoir une répartition équitable de ces conteneurs sur ces différentes places d'armes. C'est un autre débat.
Je le répète: aujourd'hui, nous devons simplement donner un signal à la Confédération en lui donnant les moyens de faire quelque chose pour accueillir ces personnes décemment, ce qui est notre obligation. Ainsi, les cantons et les communes seront satisfaits de cette situation.