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Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2003-03-20

Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2003-03-20

Wortprotokoll

Nous avons de nouveau entendu M. Schlüer développer une proposition de non-entrée en matière. M. Schlüer a au moins reconnu que, du point de vue juridique et de la structure financière, c'était en ordre, comme on dit.

Tout à l'heure, nous avons entendu Mme Calmy-Rey, conseillère fédérale, dire que ces centres de Genève seront gérés par les deux départements ensemble. Moi, je trouve que c'est assez normal et assez logique, dans la mesure où la politique de sécurité implique précisément ces deux départements. J'espère qu'en pratique, ce double commandement sera exercé harmonieusement et qu'il n'y aura ni doublons, ni grincements, ni rivalités, comme cela arrive parfois dans le fonctionnement de l'administration. Sur le plan du principe, je trouve que c'est bien.

Ce que je vous dirai aussi, Monsieur Schlüer, et, je crois, au nom du groupe libéral, c'est que vous avez une manière de considérer l'efficacité ou la non-efficacité d'instruments de politique de sécurité qui tient de l'esprit de géométrie et pas de l'esprit de finesse. En effet, vous ne pouvez pas dire par exemple: "Le Centre international humanitaire de déminage ne sert à rien", parce qu'il n'a jamais empêché qu'une mine soit posée ou permis qu'une mine soit enlevée. En réalité, ce genre de centre permet des échanges d'expériences, d'assurer une coordination et de créer une stimulation, pour faire en sorte que les pays concernés aillent dans le sens d'une interdiction de ces mines et procèdent à des actions de déminage.

Donc, si vous dites que le Centre international humanitaire de déminage ne sert à rien, vous pouvez dire de la même manière qu'un centre de diplomatie ne sert à rien, que la diplomatie ne sert à rien: "Des mots! Des mots! Des mots!" A la fin, il s'agit évidemment de passer des mots aux actes. Vous savez bien, comme dit la Bible, que tout a commencé par le Verbe, et que le Verbe s'est ensuite changé en action. S'il n'y a pas de Verbe, il n'y a pas d'action. Le problème, c'est évidemment que ça ne reste pas que des mots, et pour cela, je crois que la Suisse a la réputation d'essayer d'assurer un suivi.

Par conséquent, je crois que ces centres à Genève, qui devraient être regroupés dans une Maison de la paix, ont toute leur utilité. Ils illustrent très bien l'ensemble de la politique de sécurité qui comprend, encore une fois, l'aspect diplomatique et l'aspect militaire, et je crois que, véritablement, nous devons les soutenir. Alors évidemment, les soutenir, ça veut dire donner les moyens; en l'occurence, le montant du crédit qui vous est proposé ne paraît vraiment pas extraordinaire. C'est simplement un crédit-cadre, il ne donne pas un coup d'accélérateur absolument prodigieux aux dépenses que nous faisons déjà dans ces différents domaines. Je crois qu'à la fois pour des questions de politique générale et de mise en ordre de tous les instruments de notre politique de sécurité, et pour des questions de soutien et de garantie financière aussi, naturellement, il faut accepter ce crédit-cadre.

Le groupe libéral vous recommande d'adopter cet arrêté fédéral.