preparatory:AB 33410
Christen Yves · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-03-20
Wortprotokoll
Dès le début de la crise, la Suisse s'est déclarée favorable au désarmement de l'Irak sous l'autorité des Nations Unies. Les rapports de MM. Blix et El Baradei ont démontré que ce désarmement progressait. Fidèle à l'esprit de la Charte des Nations Unies, à laquelle elle a souscrit en adhérant à l'ONU l'an dernier, la Suisse considère que le recours à la force est le dernier recours quand toutes les autres options ont été épuisées. Telle est la position de la grande majorité de la communauté internationale, qu'il s'agisse des Etats ou surtout des opinions publiques.
Les dernières séances du Conseil de sécurité ont mis en évidence qu'il n'y avait pas de majorité pour appuyer une marche précipitée à la guerre. Les Etats-Unis ont adressé un ultimatum à l'Irak, ouvrant ainsi la voie à la guerre. A l'expiration du délai, les hostilités ont commencé, ce matin, à 3 heures 32.
Nous l'avions dit dès l'ouverture de la session, le régime de Saddam Hussein est la négation des droits de l'homme. La possession d'armes de destruction massive par l'Irak est un danger latent pour la région et pour la paix du monde. Mais l'Irak ne représente pas à l'heure actuelle une menace qui justifie le recours immédiat à la force.
Méfions-nous des soi-disant analogies historiques! Le président des Etats-Unis, que nous avons tous écouté attentivement lundi soir, nous a dit qu'au XXe siècle, certains ont choisi d'apaiser les dictateurs meurtriers et que cela a abouti à la Seconde Guerre mondiale. Même s'il est dangereux, Saddam Hussein n'est pas Adolf Hitler, pas plus que Tony Blair n'est Winston Churchill.
Dans ces moments chargés d'émotion, abstenons-nous de tout antiaméricanisme systématique. Les Etats-Unis sont un grand peuple ami qui, par deux fois, a apporté une contribution décisive à la libération de l'Europe. Et pourtant, comme le faisait remarquer le président du Groupe d'amitié parlementaire Suisse-Etats-Unis, le conseiller aux Etats Peter Briner: "Il y a 18 mois, le monde entier était derrière l'Amérique. Aujourd'hui, le gouvernement Bush a réussi à se mettre à dos les derniers amis."
Nous avons maintenant l'espoir que le progrès technologique servira à épargner les vies, qu'elles soient civiles ou militaires, et permettra de toucher des objectifs de commandement, afin que cette guerre soit courte, qu'elle ne soit pas la guerre contre l'Irak, mais la guerre contre Saddam Hussein.
Et employons-nous dès à présent à apporter notre contribution à l'aide humanitaire pour soulager les souffrances des victimes, et au rétablissement de meilleures relations internationales après ce gâchis diplomatique.