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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2003-05-05

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2003-05-05

Wortprotokoll

Il faut se garder à gauche et se garder à droite, comme le vieux roi à la bataille de Crécy. Il faut se garder à gauche de croire qu'on ne peut jamais faire d'économies. Bien sûr qu'on peut encore faire des économies! Mais plus le temps avance et plus la pression augmente, et plus les économies deviennent résiduelles et relativement secondaires. Or les circonstances nouvelles font qu'il y a toujours des postes qui deviennent obsolètes, qui sont dépassés et qu'il faut transformer. Celui qui dit qu'il n'y a plus d'économies à faire se trompe. Par contre, il faut aussi se garder de croire que parce qu'il y a toujours moyen d'économiser quelque montant dans tel ou tel secteur, quelques centaines de milliers de francs, peut-être, ici ou là - et il faut le faire! -, il suffit de dire par une sorte de décret divin: "Réduisez de 100 ou 150 millions de francs ici, réduisez de 50 millions de francs là, réduisez de 200 ou 400 millions de francs là", et qu'après on va trouver 200, 400 ou 500 millions de francs d'économies. C'est absolument impensable.

Lorsqu'on impose des économies qui dépassent une certaine capacité, on doit couper, et là, on coupe dans la [PAGE 561] recherche fondamentale, mère de toutes les batailles scientifiques, on coupe aussi dans l'enseignement et la formation au moment où le nombre des étudiants augmente. Oui, il y a des possibilités de faire des économies, et nous les ferons, mais elles sont de plus en plus modestes. Non, ce n'est pas possible, par un coup de baguette magique, de décréter: "Faites 100, 200, 400 millions de francs d'économies", sans toucher à la chair même du système, à la capacité de concurrence et à la capacité de donner aux jeunes un bon enseignement. Nous devons, dans les années qui viennent, multiplier les coupes dans certains secteurs, nous devons réduire les dépenses et nous le ferons. Mais je crois quand même qu'il faut maintenir un certain nombre d'espoirs.

C'est aussi quelque chose que nous devons à la jeune génération.

Quel est l'avenir d'un jeune qui a aujourd'hui 20 ans et qui commence ses études universitaires? Il sait qu'en principe, au minimum, il aura à payer des pour cent de TVA de plus pour assurer sa caisse de retraite, peut-être pour la caisse-maladie, à Dieu ne plaise! Il sait qu'il paiera plus d'impôts pour ceci ou pour cela. Et en plus, on lui dit: "Ecoutez, faites des économies massives dans le domaine qui vous touche, qui vous permettra d'être compétitif à l'avenir, compétitif dans votre profession, compétitif à l'échelle internationale." Je crois qu'il faut donner un certain espoir à la génération qui vient et qui sera beaucoup plus chargée d'obligations que la génération qui a été la mienne, et l'un de ces espoirs, c'est de lui donner les moyens de se former et de continuer à se former de manière intelligente et complète, en faisant les économies nécessaires mais sans croire qu'à travers les économies, on peut éviter des augmentations de dépenses dans le domaine de la recherche et de la formation.

Monsieur Weyeneth, je vous écoute; or en règle générale, j'ai été habitué à vous entendre réclamer des augmentations de budget dans le domaine agricole! Que me proposez-vous aujourd'hui?