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Deiss Joseph · Bundesrat · 2000-03-09

Deiss Joseph · Bundesrat · Freiburg · 2000-03-09

Wortprotokoll

Le Conseil fédéral propose de remplacer la Commission de coordination pour la présence de la Suisse à l'étranger, connue sous le nom de COCO, par un nouvel organisme qui sera désormais dénommé "Présence Suisse". Les compétences du nouveau bureau "Présence Suisse" seront renforcées par rapport à celles de l'actuel secrétariat. Le personnel sera vraisemblablement augmenté de cinq à dix personnes, et le crédit annuel passera de 2,4 millions de francs à pas tout à fait 14 millions de francs, lorsque nous aurons atteint le plein régime.

Les raisons de ce renforcement. Tout d'abord, on peut parler, même si le terme n'est pas très usuel, de "marketing national" qui s'inscrit dans un cadre qui est de plus en plus concurrentiel, qui implique la mise en oeuvre de moyens de plus en plus spécialisés, parfaitement ciblés et qui entraîne des coûts accrus. On a vu, ces dernières années, autour de certaines polémiques qui ont concerné notre pays ou de candidatures que notre pays a posées, que l'image de notre pays n'était pas sans faille, ou n'était pas toujours perçue comme nous souhaitions la transmettre.

La COCO ne va pas oublier ses partenaires actuels. D'une part, il y a d'autres canaux par lesquels la Suisse fait de la promotion. Je pense à Suisse Tourisme, à l'OSEC, etc. Mais ces organisations ont des activités qui doivent elles aussi être de plus en plus ciblées et elles ne peuvent plus s'occuper d'une présence générale de notre pays. Quant au sponsoring privé, il est encore plus difficile aujourd'hui de pouvoir le mobiliser.

[PAGE 66] J'ai noté au passage avec beaucoup de plaisir l'engagement de M. Wicki pour les écoles suisses à l'étranger. Je peux vous assurer que notre département s'engage pleinement pour ces écoles. Il n'a pas forcément le succès qu'il souhaiterait au niveau des crédits, que ce soit du côté du Gouvernement ou encore auprès du Parlement. J'ai noté votre nom et je vous mobiliserai lorsque des questions relatives à ces écoles, que nous estimons comme vous être extrêmement importantes, seront en jeu.

Quels sont les traits saillants de ce projet? D'abord, la mission de base: "Présence Suisse" doit améliorer l'information sur notre pays, mettre en évidence sa diversité, ses attraits, mais aussi susciter de la compréhension et j'ajoute - parce que j'ai été un peu étonné lors du débat au Conseil national - de la sympathie pour notre pays. Je crois que c'est tout à fait légitime. Contrairement à l'avis de certains, je souhaiterais, même si l'information doit être objective, qu'on ne se limite pas seulement à l'information réaliste, mais qu'on se donne de la peine pour projeter une image positive, non pas trahie ou transfigurée, mais une image positive de notre pays. Je crois que c'est non seulement légitime, mais que ça correspond aux aspirations des Suissesses et des Suisses.

Les messages prioritaires seront spécifiques, ciblés en fonction des publics concernés et toucheront à toutes les valeurs que notre pays entend défendre: la tradition humanitaire, la démocratie, la qualité, l'innovation, la diversité, la tolérance, bref, ce qui correspond à l'essence même de notre pays. Les instruments qui nous serviront seront prioritairement des activités déployées par "Présence suisse" et s'inscriront dans différents secteurs principaux: Swissinfo, des programmes d'action dans les pays prioritaires - je pense aux Etats-Unis, mais il peut s'agir d'autres régions -, la participation à de grands événements. On essaiera d'avoir un effet multiplicateur, en s'adressant prioritairement à ce qu'on appelle les "opinion leaders", ceux qui font l'opinion publique. Les médias, mais aussi la jeunesse, par exemple, seront particulièrement visés. Il faudra se spécialiser. Le montant est une augmentation appréciable par rapport à la situation actuelle, mais compte tenu de l'ampleur de la tâche, le budget reste modeste. Il faudra donc essayer de cibler, de spécialiser, en vue d'obtenir les meilleurs résultats.

Un mot concernant les débats au sein de votre commission, à partir desquels une divergence pourra naître avec le Conseil national, concernant le Conseil consultatif: au fond, ce que propose votre commission, c'est le retour à la case départ, c'est-à-dire au projet du Conseil fédéral. Ce dernier estimait que cet organe, qui n'a pas un caractère décisionnel, ne devait pas être mentionné dans ce texte, mais devait être réglé au mieux dans une ordonnance ou correspond à une compétence que lui-même, Conseil fédéral, peut utiliser. C'est pourquoi nous ne nous opposons pas à ces modifications à l'article 3 et à l'article 5bis, même si cela crée une petite divergence avec le Conseil national.

Enfin, je terminerai en soulignant, à titre personnel, moi qui m'emploie à mettre l'accent sur la nécessité de notre pays de n'être pas seulement ouvert, puisqu'on parle beaucoup d'ouverture, mais surtout d'être présent à l'extérieur aussi, que je peux évidemment parfaitement m'identifier avec le titre qui a été choisi pour cette nouvelle forme de la COCO, à savoir "Présence suisse".