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Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · 2024-05-29

Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2024-05-29

Wortprotokoll

Vous avez abondamment entendu plusieurs porte-paroles de la minorité. Je me permets de prendre la parole pour la majorité, qui vous invite à rejeter cette initiative cantonale.

Je le rappelle: nous avons déjà pris une décision en septembre dernier, il y a donc à peine six mois, en rejetant une motion de même teneur. Je vous l'accorde, Madame Gmür-Schönenberger: le vote relatif à cette décision était effectivement serré, mais il s'agit toutefois d'une décision de notre chambre que nous sommes tenus de respecter. En cela, je trouve qu'il y a une certaine inélégance à revenir sur le fond du débat, alors que ce dernier a déjà été mené. C'est pourquoi je me concentrerai plutôt sur la forme.

Il y a ce rapport de postulat, dont la commission a pu prendre connaissance des résultats intermédiaires. Plusieurs options sont envisagées. Le besoin d'agir est reconnu, puisque la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil national a déposé ce postulat et que l'administration planche sur différentes variantes, lesquelles ne passent pas toutes par la suppression de la passerelle afin d'accéder à une haute école pédagogique.

Or, que vise l'initiative cantonale? Quel est son intitulé? Il me semble qu'il est clair: il s'agit bien de permettre aux titulaires d'une maturité professionnelle d'accéder sans examen aux hautes écoles pédagogiques. Prétendre que donner suite à cette initiative correspond simplement à permettre à la démarche de continuer, c'est négliger le fait qu'elle donnerait déjà une orientation assez claire - puisque le texte de l'initiative est lui aussi clair - en direction de la suppression de l'examen d'entrée.

Je le répète: le dossier est en cours et nous en discuterons sur la base des résultats que nous attendons toutes et tous. Cependant, présumer dès maintenant des résultats et de l'orientation en donnant ainsi cette orientation maintenant ne fait pas justice à la liberté, que nous devons avoir, de prendre en considération toutes les options qui seront mises sur la table. Je conclurai peut-être par cela: on ne peut pas à la fois revenir sur le fond en regrettant la décision d'octobre passé et prétendre qu'en donnant suite à l'initiative, on laisse la porte ouverte pour la suite de la procédure. Si nous rejetons aujourd'hui cette initiative, nous restons simplement cohérents avec la décision que nous avons prise il y a six mois; cela ne préjuge en rien de la suite des travaux.

Nous prendrons connaissance des résultats en réponse au postulat; si besoin d'agir il y a, mais aussi en fonction des solutions concrètes qui nous seront présentées, la commission pourra tout à fait se saisir du dossier et faire une proposition concrète à ce stade.

C'est pourquoi je vous invite à rester sur la décision prise il y a six mois, à soutenir la proposition de la majorité de la commission et à ne pas donner suite à cette initiative cantonale.