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Sommaruga Carlo · Ständerat · 2024-06-03

Sommaruga Carlo · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2024-06-03

Wortprotokoll

Je propose, comme la rapporteuse, de rejeter également la proposition Mühlemann. Je rappelle aussi, pour que l'on comprenne bien la discussion et parce qu'on nous dit qu'il est facile d'économiser sur la coopération au développement, que depuis 1970, la Suisse s'est engagée à augmenter le budget de la coopération au développement à 0,7 pour cent du PIB. Cela s'est passé en 1970, à l'ONU, et la Suisse l'a accepté en votation. En d'autres termes, nous avons pris un engagement, mais nous n'avons jamais atteint cet objectif.

L'objectif de 2 pour cent évoqué tout à l'heure par M. Salzmann, c'est-à-dire de 2 pour cent du PIB des pays membres de l'Otan, a été accepté en 2006, bien que nous ne soyons pas membres de l'Otan et que l'on évoque pour nous 1 pour cent. Cela signifie qu'il y a pratiquement cinquante ans que l'on ne respecte pas l'objectif de 0,7 pour cent de l'ONU pour le développement. Mais derrière cet objectif financier, il y a la lutte contre la pauvreté; il y a des femmes, des hommes et des enfants qui vivent en Afrique, mais aussi dans d'autres régions du monde, où nous sommes également présents, puisque nous avons fait le choix de la coopération bilatérale dans les Etats fragiles, dans les Etats où il y a la plus grande pauvreté. Ainsi, compenser même seulement la moitié des 4 milliards de francs, c'est-à-dire 2 milliards de francs au niveau de la coopération au développement, revient à couper l'aide qui va directement aux plus faibles de cette planète. Il y a quelque chose que je qualifierais presque d'indécent à procéder de la sorte, à dire que l'on peut couper et réduire sans autres ce budget, parce que derrière les chiffres, il y a des organisations, locales ou multilatérales, qui font un travail d'aide et qui oeuvrent pour la paix. La Suisse a tout intérêt à avoir une aide à la coopération, une aide humanitaire et des contributions pour la paix les plus élevées possibles, afin de garantir une certaine sécurité, parce qu'un monde instable ne provoque que des tensions supplémentaires qui se retournent aussi contre la Suisse. Par conséquent, même avec une proposition de 2 milliards de francs seulement prise sur le budget de la coopération internationale, qui est déjà affecté de 1,5 milliard pour l'Ukraine, il s'agit d'un effort extrêmement important, qui ne peut pas être accepté.

Dans un esprit de raison, je vous invite à en rester à la proposition de la majorité de la commission.