Parmelin Guy · Bundesrat · 2024-06-13
Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2024-06-13
Wortprotokoll
Je vais vous décevoir, Madame la conseillère nationale Wyss: je demanderai que votre postulat ne soit pas accepté. Je vous explique pourquoi.
Le Conseil fédéral partage votre avis selon lequel la couverture des besoins en médecins de notre pays revêt une grande importance. En Suisse, les études de médecine sont essentiellement du ressort des universités cantonales. La Confédération les soutient; elle leur verse des contributions de base en vertu de la loi sur l'encouragement et la coordination des hautes écoles.
Le programme spécial "Augmentation du nombre de diplômes délivrés en médecine humaine", approuvé par la Conférence suisse des hautes écoles en 2016, soutenu par la Confédération au moyen d'un financement de quelque 100 millions de francs, a, en outre, permis d'accroître à nouveau considérablement le nombre de places d'études. Le nombre de diplômes passera ainsi de 900 en 2016 à plus de 1300 en 2025. Aujourd'hui, dix universités cantonales et les deux écoles polytechniques fédérales participent à la formation de nos futurs médecins. Dans le même temps, les hautes écoles ont renforcé la médecine de premier recours et ce qu'on appelle l'interprofessionnalité dans les études. La mise en oeuvre de ce programme spécial se déroule conformément au plan et de bonnes notes lui ont été attribuées lors de l'évaluation.
Cependant, là où le bât blesse sur les six ans d'études, c'est au niveau des places de formation clinique. Il est impossible de renoncer à cette formation pratique exigeante qui demande beaucoup de temps et d'organisation. Ni des analyses plus approfondies ni la création d'une haute école [PAGE 1268] fédérale de médecine ne viendraient changer cet état de fait. Précisons également que l'accent doit maintenant être mis non seulement sur la hausse des capacités d'accueil des étudiants, mais aussi sur d'autres éléments comme l'environnement professionnel ou l'attrait des formations postgrades. Ces compétences relèvent principalement des associations professionnelles et des employeurs.
Pour toutes ces raisons, examiner s'il serait opportun de créer une haute école fédérale de médecine n'atteindrait pas l'objectif visé; à mon grand regret, Madame Wyss, au nom du Conseil fédéral, je vous prie de ne pas accepter ce postulat.