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AB 345558

Poggia Mauro · Ständerat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-09-23

Wortprotokoll

Je ne sais pas si la minorité s'exprime plus que la majorité, mais, de mon côté aussi, je vais vous demander d'adopter cette motion. Ce n'est pas la panacée, elle ne va pas résoudre les problèmes d'un seul coup, mais c'est un pas, un signe, dans la bonne direction.

Cette motion touche deux questions: d'abord, les critères de sélection de nos futurs médecins, puisque c'est par des questionnaires à choix multiples que l'on procède généralement à l'élimination en première année de faculté de médecine. Or, attend-on d'un futur médecin qu'il sache mettre des croix au bon endroit? Bien sûr, il faut que les réponses soient exactes, mais il faut aussi qu'il y ait des qualités humaines, et celles-là ne sont évidemment pas évaluées.

Ensuite, c'est aussi une question de nombre. Nous avons besoin de davantage de médecins, nous le savons; mais nous ne devons pas simplement avoir plus de médecins, nous devons avoir plus de médecins dont nous aurons besoin. Et ces médecins dont nous aurons besoin, nous le savons, ce sont des médecins de premier recours, des médecins généralistes, des pédiatres, des psychiatres, des gynécologues. Ceux qui aujourd'hui sont les moins bien valorisés sur le marché de la santé.

Supprimer le numerus clausus pour donner un coup de pouce à cette augmentation de médecins en formation, c'est une bonne chose, mais il faudra aussi - Mme Maret l'a dit - qu'il y ait des stages qui puissent les accueillir. Il ne suffit pas, évidemment, d'ouvrir les tuyaux au niveau de l'université, il faut non seulement qu'ils soient du même diamètre au niveau des formations, mais aussi, ensuite, au niveau de la sortie du tuyau d'arrosage; il faut qu'on aille arroser là où on en a besoin. Or, nous n'avons pas besoin que les médecins, et encore moins les spécialistes, viennent s'agglutiner autour des centres de formation, que ce soit, pour la Suisse Romande, les hôpitaux universitaires de Genève ou le Chuv à Lausanne. Je rappelle quand même que Genève et Bâle-Ville sont les cantons aux primes d'assurance les plus élevées de Suisse, et ce sont les cantons qui ont la densité de spécialistes la plus élevée de Suisse.

Nous avons besoin de médecins de premier recours, et c'est là qu'il y aura un autre débat - ce n'est pas celui-ci -, qui est celui de valoriser correctement les médecins généralistes, parce que la différence de rémunération entre les spécialistes et les généralistes n'a pas de justification quant à son ampleur actuelle, et nous devons bien sûr y remédier rapidement. [PAGE 879]