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AB 345718

Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-09-24

Wortprotokoll

A la fin décembre 2023, près de 200[NB]000 personnes résidaient en Suisse et relevaient du domaine de l'asile; plus de 15[NB]000 - c'est-à-dire plus de 7,5 pour cent - de plus que l'année précédente. Leur nombre total correspond à trois fois la population du canton du Jura. Parmi ces personnes: près de 81[NB]000 réfugiés reconnus et plus de 45[NB]000 personnes admises à titre provisoire - des personnes qui normalement devraient quitter la Suisse, mais que, pour diverses raisons, nous ne pouvons, ou parfois ne voulons pas renvoyer. En 2023, nous avons enregistré plus de 30[NB]000 demandes d'asile. Pour 2024, on prévoit à nouveau autant de demandes.

L'asile est évidemment l'un des facteurs qui a contribué à nous faire dépasser cette année déjà, beaucoup plus vite que les prévisions, le seuil des 9 millions d'habitants dans ce petit pays dans lequel nous nous entassons toujours plus. Nous ne pouvons plus continuer ainsi. De plus en plus de Suisses n'en peuvent plus des incivilités, et même de la criminalité que l'asile amène avec lui, jusqu'à des crimes très graves comme cette prise d'otage que nul n'a oubliée dans un train près d'Yverdon. De plus en plus de femmes n'en peuvent plus d'être harcelées, parfois abusées, près des centres de demandeurs d'asile. Personne ne peut non plus ignorer le fait que la majorité des demandeurs d'asile sont des hommes musulmans. Face à ce qu'il n'est pas exagéré de qualifier de chaos de l'asile, dans cet avion sans pilote, nous devons reprendre le contrôle dans tous les domaines de l'immigration, mais en particulier dans celui de l'asile. Pour cela, le groupe UDC propose diverses solutions concrètes. Je suis le porte-parole de l'une d'elles, qui vise à ce que dans la définition du terme de réfugié, à l'article 3 de la loi sur l'asile, on ajoute un cinquième alinéa pour exclure l'octroi de l'asile à toute personne qui a transité par un Etat sûr dans lequel elle a déposé ou aurait pu déposer une demande d'asile. L'objectif est donc d'empêcher ce qu'on appelle la migration secondaire.

Un commentaire d'abord: si nous en sommes réduits à énoncer ce qui semble être une évidence, c'est, vous l'aurez compris, que le système Schengen-Dublin ne fonctionne pas. Sans surprise, le Conseil fédéral propose de rejeter cette motion, d'abord avec une argumentation purement déclaratoire et d'ailleurs contraire à la réalité objective fondée précisément sur ce système dont nous constatons, depuis des années, l'inefficacité - pour ne pas dire la faillite. Car la réalité, c'est que trop souvent, pour éviter d'être considérés comme premiers pays d'accueil, certains Etats ferment les yeux sur le transit de migrants et, en violation de leurs obligations internationales, ne les enregistrent pas, avec pour résultat un véritable appel d'air pour nombre de ressortissants de pays pauvres à la recherche de conditions de vie moins dures que chez eux. Sans autre argument, nous serions empêchés de reprendre le contrôle de l'asile, donc de recouvrer notre souveraineté dans ce domaine essentiel pour l'avenir d'un peuple, par la Convention relative au statut des réfugiés. En somme, ce que nous propose le Conseil fédéral, c'est de consentir à une forme d'abandon définitif de notre souveraineté, pour maintenir artificiellement un système qui, je le répète, ne fonctionne pas. Nous, membres du groupe UDC, nous n'acceptons pas ce fatalisme, nous n'acceptons pas de démissionner face à nos responsabilités.

J'espère que nous ne serons pas seuls et que en tout cas ceux qui ont récemment annoncé leur volonté de mettre fin, eux aussi, à ce chaos de l'asile, seront avec nous.

S'il le faut, nous passerons par le mécanisme, au demeurant prévu dans la Convention relative au statut des réfugiés, de la dénonciation, avec pour objectif une nouvelle adhésion avec une réserve sur cet élément. C'est précisément, entre autres, ce que vise l'initiative populaire UDC "Stop aux abus de l'asile! (initiative pour la protection des frontières)". N'hésitez évidemment pas à la signer, mais, dans l'immédiat, donnez un signal fort avec nous en acceptant cette motion et les quatre, voire cinq, qui suivent.