Roth Pasquier Marie-France · Nationalrat · 2024-09-26
Roth Pasquier Marie-France · Nationalrat · Freiburg · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2024-09-26
Wortprotokoll
En lisant mon journal régional ces derniers jours, j'ai découvert une grande page blanche avec le commentaire suivant: "Quoi de pire qu'une région qui n'a plus rien à lire?" Cette tentative de sensibilisation des rédactions elles-mêmes exprime bien l'inquiétude qui règne dans ce secteur d'activité. La presse est en [PAGE 1952] crise: il n'y a pas une semaine sans une annonce qui touche, tour à tour, la presse écrite - avec les récentes annonces du groupe Tamedia - et les médias audiovisuels - avec les tentatives de supprimer la redevance.
Chez nos voisins français également, le débat sur le secteur de l'information est en cours. Resserrement du marché publicitaire, renforcement des phénomènes de concentration, essor des plateformes numériques et des réseaux sociaux: ces phénomènes bouleversent en profondeur le monde des médias. Les médias dits traditionnels, qu'ils soient écrits ou audiovisuels, voient aujourd'hui leurs modèles remis en question.
Débattre du sujet de l'information apparaît alors indispensable au regard des enjeux démocratiques qui sont liés. L'accès à une information fiable, indépendante et pluraliste est une condition et un fondement de la démocratie. Les médias et les journalistes, qui en sont un vecteur essentiel, doivent pouvoir exercer de façon libre et indépendante leur métier pour garantir ce rôle d'information des citoyennes et citoyens et permettre le débat démocratique.
Bien que 170 postes aient été perdus dans les rédactions suisses ces deux dernières années, nous pouvions lire dans la presse régionale cette semaine que les étudiants en journalisme restent motivés et croient en la pertinence de leur métier. Ils veulent devenir des acteurs du changement que connait leur profession, de son renouveau.
La révision de la loi sur la poste dont nous débattons au travers de l'initiative parlementaire Bulliard porte justement sur une aide indirecte à la presse temporaire, prévue sur 7 ans, afin que les petits éditeurs disposent d'une marge de manoeuvre financière, qu'ils pourront mettre à profit pour relever les défis auxquels ils font face, notamment le développement de leur offre numérique. Cette initiative parlementaire se concentre sur les petits éditeurs de presse régionaux; les grands groupes et les publications de portée suprarégionale ne sont pas concernés. L'initiative prévoit une augmentation des contributions de l'aide indirecte à la presse destinée à la distribution des journaux et des magazines, ainsi qu'à la presse associative et à celle des fondations.
Dans notre système fédéraliste et pluriculturel, les médias régionaux et indépendants remplissent une fonction institutionnelle et politique importante. La diversité de la presse est aujourd'hui menacée aux niveaux local et régional. Les récentes annonces du groupe Tamedia en sont la concrétisation. Elles auront des conséquences que l'on peut qualifier de préoccupantes pour la presse régionale. Si celle-ci disparaît, aucune plateforme en ligne de portée nationale ou internationale ne s'engouffrera dans la brèche pour rendre compte de sujets sociaux et politiques locaux. L'augmentation temporaire de l'aide indirecte à la presse constitue une solution transitoire adéquate à moyen terme pour soutenir la diversité des médias.
C'est pourquoi le groupe du Centre soutient la majorité de la commission, qui souhaite faire passer les contributions annuelles allouées à la distribution régulière des journaux et des périodiques en abonnement de la presse régionale et locale de 30 à 45 millions de francs et maintenir à 20 millions de francs les contributions allouées à la presse associative et à celle des fondations.
Notre groupe soutient également la distribution matinale en semaine des quotidiens et des hebdomadaires en abonnement de la presse régionale et locale et le montant de 30 millions de francs par an que la Confédération mettra à disposition à titre temporaire pendant 7 ans.
Pour ce qui est de la fin de la période transitoire, nous soutenons la proposition de la minorité Rutz Gregor, qui prévoit d'ancrer dans la loi le fait que l'aide indirecte à la presse devient caduque après cette période de 7 ans. Dans ce sens, nous soutenons la volonté de la commission de façonner l'avenir de la presse et de l'aide aux médias et nous soutenons ainsi la motion 24.3817 de la commission qui charge le Conseil fédéral de présenter au Parlement un projet de loi qui prévoit l'introduction d'une aide aux médias électroniques indépendante des canaux et des modèles commerciaux. Cette motion fait suite au postulat Christ 21.3781, "Réfléchir dès aujourd'hui à la stratégie d'aide aux médias de demain".
Nous rejetons par contre la motion 24.3818 de la commission, qui vise à supprimer la distorsion de concurrence dans l'aide à la presse associative en ouvrant ces subventions aux prestations privées de services postaux.
Je ne peux que vous encourager à accepter cette aide temporaire à la presse indépendante, car le droit des citoyens à une information fiable, indépendante et pluraliste paraît plus que jamais remis en question. Ce droit favorise le lien social, assure la qualité du débat public et permet à chacun et chacune d'exercer pleinement et en toute lucidité sa citoyenneté. C'est d'autant plus important dans le contexte politique international actuel, où ce droit est remis en question et où la manipulation des opinions est à l'oeuvre au travers des algorithmes et de l'intelligence artificielle.
Ich freue mich über Ihre Unterstützung.