Walder Nicolas · Nationalrat · 2024-12-05
Walder Nicolas · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2024-12-05
Wortprotokoll
La coopération internationale est au coeur de la politique étrangère de la Suisse, un petit pays qui joue pourtant, grâce à elle d'ailleurs, un rôle majeur sur la scène diplomatique mondiale. Elle est essentielle non seulement pour des raisons de solidarité, mais aussi pour garantir la stabilité et la sécurité à l'échelle internationale. C'est ainsi qu'à l'heure où la majorité de ce Parlement a les yeux rivés sur le renforcement de notre sécurité, avec l'augmentation programmée des budgets de l'armée, il serait bon de se rappeler que notre chère sécurité dépend aussi, largement, de l'ordre international, et que l'un des trois objectifs de notre armée, d'ailleurs, est justement de promouvoir la paix, car la paix n'est pas seulement un idéal, mais aussi une condition de la prospérité. Oui, Mesdames et Messieurs, un monde instable réduit les opportunités économiques pour la Suisse. Il n'est pas nécessaire d'évoquer ici l'impact sur nos chaînes d'approvisionnement de l'insécurité en mer Rouge, pour le rappeler.
Dans ce contexte, l'aide humanitaire et l'assistance au développement permettent à la Suisse non seulement de contribuer à sauver des vies et à stabiliser des régions, mais aussi de créer un environnement propice aux échanges commerciaux. En aidant les pays en développement à sortir de la pauvreté et à renforcer leurs institutions et infrastructures, elle crée de nouveaux marchés pour les produits suisses et garantit des partenariats durables. Même l'ancien président de la Confédération, l'UDC Ueli Maurer, l'avait compris lorsque, en 2021, il soulignait l'importance de la stabilité mondiale pour les intérêts économiques suisses, rappelant que "paix et prospérité vont de pair". Il insistait alors sur la nécessité pour la Suisse de continuer à investir dans la diplomatie pour prévenir les conflits, car un monde sans paix compromettrait la croissance économique.
En somme, la coopération internationale est essentielle à la fois à la survie et à la dignité de millions de personnes, mais aussi à notre prospérité et notre sécurité. A l'heure où les crises se multiplient et où notre continent est en proie à une guerre d'invasion majeure, il serait pour les Verts totalement irresponsable de couper les moyens alloués à ce pilier essentiel de notre défense, de la promotion de la paix et de la stabilité. Ainsi, le groupe des Verts votera pour l'entrée en matière, car nous avons besoin d'une stratégie de coopération internationale solide pour les quatre prochaines années. En conséquence, nous rejetterons les propositions Rüegger de non-entrée en matière et de renvoi au Conseil fédéral.
D'une manière générale, nous soutiendrons en revanche toutes les propositions, de majorité comme de minorité, qui visent à renforcer les moyens alloués à la coopération internationale, ce qui est, comme je l'ai expliqué, dans l'intérêt direct de notre pays. Toutefois, j'aurai l'occasion de vous présenter nos positions plus en détail tout à l'heure.