Bendahan Samuel · Nationalrat · 2024-12-18
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2024-12-18
Wortprotokoll
Franchement, il n'y a rien qui me rende plus heureux que d'entendre les interventions qui visent à augmenter le budget de la Confédération, pour une chose ou pour une autre, d'augmenter les dépenses, parce que par ces interventions, on nous rappelle qu'il y a un besoin. La proposition qui est faite ici, c'est d'aller plus haut que [PAGE 2493] la proposition du Conseil fédéral, parce que finalement, il est important de pouvoir se nourrir en Suisse.
J'ai deux choses à dire aux personnes qui ont soutenu la proposition de la majorité. Premièrement, bravo, vous avez compris pourquoi le Parti socialiste se bat, depuis le début de sa création, pour que les ressources en commun soient engagées pour des causes justes. Je vous invite donc aussi à penser à cela pour tous les autres votes que vous ferez sur le plan budgétaire. Par contre, si ma minorité propose de s'en tenir au projet du Conseil fédéral, c'est parce qu'on est justement dans un cas où, malheureusement, le résultat ne sera pas là. Tous les milliards qui sont dépensés aujourd'hui pour soutenir l'agriculture, pour les aides directes, n'arrivent pas à changer les problèmes de fond du secteur agricole suisse. Les petites exploitations ne cessent de fermer, le travail est dur, les horaires sont insoutenables. Pour beaucoup de gens, le milieu agricole n'est pas le bonheur qu'il devrait être. Et augmenter un peu l'aide dans ce domaine ne changera rien. Et pourquoi cela? Parce que le problème de ce système n'est pas qu'il ne faille pas aider davantage l'agriculture. Vous le savez, s'il s'agit d'aider les gens qui sont dans une situation précaire et qui se battent pour nourrir notre pays, pour soutenir la biodiversité, nous serons là pour soutenir ces gens. Mais l'essentiel des aides au secteur agricole a tendance à tomber dans les mains des grandes entreprises qui profitent de ce secteur, que ce soit les distributeurs de pesticides, la grande distribution ou d'autres. C'est pour cela que le système de soutien agricole doit changer. Il doit changer parce que, lorsque l'on dépense 10 milliards de francs pour l'agriculture en Suisse, cela devrait transformer le quotidien des gens qui se battent pour nourrir la population. Mais aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Ce n'est donc pas parce que nous n'avons pas envie de donner plus de moyens aux gens qui travaillent que nous nous opposons à cette augmentation, même si vous vous opposez à toutes les augmentations qui amélioreraient le quotidien des gens; c'est parce qu'aujourd'hui, cette augmentation serait inefficace et qu'elle irait dans la poche de la grande distribution, dans la poche du fabricant de tracteurs, dans la poche du fabricant de pesticides et qu'elle n'inciterait pas davantage à améliorer la conséquence de cette aide.
Je vous invite donc à soutenir plutôt la proposition de ma minorité et à travailler ensemble, au sein de ce Parlement, pour que nous transformions l'aide agricole, pour que chaque franc donné pour les agriculteurs arrive dans la poche des agriculteurs, pour que l'on stoppe la saignée qui fait qu'aujourd'hui, c'est un métier qui devient de moins en moins attractif et qu'en même temps l'on parvienne à avoir de plus grandes exploitations agricoles qui arrivent à augmenter leurs profits. Les inégalités dans ce secteur, entre d'un côté les salaires scandaleux que l'on trouve dans les entreprises autour de l'agriculteur et, de l'autre côté, les[NB]difficultés[NB]de[NB]vie[NB]dans[NB]le milieu agricole, ces inégalités doivent disparaître. Lorsqu'elles auront disparu, nous serons plus efficaces avec les moyens que nous mettrons dans l'agriculture.
Je vous remercie donc de soutenir ma proposition de minorité, mais aussi, de garder la logique que vous avez, de penser au bien commun et de rappeler que les dépenses publiques, en général, peuvent être faites pour améliorer le quotidien de la population.