Stettler Thomas · Nationalrat · 2025-03-05
Stettler Thomas · Nationalrat · Jura · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-03-05
Wortprotokoll
"Initiative pour l'avenir": quand le titre d'une proposition ne veut rien dire, il est essentiel de relever qu'il s'agit clairement d'une fausse bonne idée. C'est bien sûr dans la nature de chaque initiative de vouloir influencer l'avenir. Cette initiative est nuisible et profondément antisuisse.
Pourquoi nuisible? Parce que l'on sait que les grandes fortunes numéraires visées par ce nouvel impôt sont bien trop mobiles et ont tout loisir d'optimiser fiscalement leur succession en déplaçant leur lieu d'assujettissement. De fait, l'initiative encourage donc plutôt l'évasion fiscale et donc la perte de moyens pour les communes, les cantons et la Confédération. Elle va donc même à l'encontre de la volonté de ceux qui ont signé l'initiative et de l'intérêt de tout notre pays. Pire encore, l'initiative définit strictement l'attribution des montants hypothétiquement encaissés pour assouvir la volonté de mettre aveuglément plus de moyens pour l'écologie et le climat. L'évasion fiscale que vous pourvoyez fera donc perdre des moyens alloués à d'autres tâches essentielles comme la formation, le social, les infrastructures ou encore la sécurité de notre pays. J'imagine mal que les initiants en prendront la responsabilité.
Qu'en est-il des fortunes immobilières ou de celles accumulées dans des entreprises? Je fais partie des gens qui admirent, plutôt que des personnes qui montrent du doigt, comme le fait la gauche, ces patrons, ces familles, qui souvent, au fil de décennies et de générations, ont construit un outil de travail, établi une économie locale et[NB]permis[NB]à[NB]une[NB]multitude[NB]de personnes de trouver un emploi et d'apporter une sécurité sociale aux familles qui les entourent.
Pour souligner mes propos, je me plais à rappeler l'histoire d'une famille d'industriels jurassiens qui a marqué l'histoire d'une commune, d'une région, et même celle de tout le canton. Au-delà des milliers d'emplois, des impôts et de la dynamique économique créée par l'entreprise, la famille propriétaire, par son attachement à la région, a sans relâche soutenu le développement de la vie sociale, culturelle et sportive. Aujourd'hui disparue, faute de personnes capables de poursuivre l'engagement de cette véritable dynastie, cette entreprise familiale a été vendue à des investisseurs américains, démantelée et réduite à un site d'optimisation fiscale et de moyens pour profiter d'une image soi-disant "swissness". Bref, un désastre.
Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire? En fait, pour dire deux choses. Premièrement, pour dire que mes concitoyens, gauche comprise, appelleraient d'une même voix le retour dans l'ancrage local et familial de ce fleuron détruit de notre industrie. Secondement, même si l'exemple cité n'a pas été victime de cette initiative, c'est que dans des cas similaires de transmission, des entreprises familiales de grande ampleur subiraient le même sort. Car cette nouvelle taxation tuerait toute possibilité de transmission familiale ou du moins conjurerait l'appel à des investisseurs étrangers - que vous ne voulez pas non plus.
Pourquoi l'initiative est-elle antisuisse? Cette initiative suit la logique socialiste. On distribue l'argent qu'on prend dans la poche des autres, cela sans faire participer sa propre équipe. Dans cette droite ligne, j'en déduis qu'aucun membre du Parti socialiste n'a une fortune supérieure à 50 millions de francs. Pourquoi sinon n'auriez-vous pas proposé une franchise de 5 millions de francs, ou moins, pour votre fameuse taxe? Ce simple fait démontre que cette initiative n'est que clientéliste. Elle cherche à cibler le plus petit nombre en attisant une jalousie déplacée. En fait, elle ne fera qu'assouvir l'envie de faire payer à d'autres un projet politique qu'une majorité, et en particulier les initiants, n'est pas prête à financer.
Dire oui à l'initiative, c'est démissionner de sa propre volonté politique, et omettre que celui qui paie commande est celui qui commande paie.