Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · 2025-03-12
Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-03-12
Wortprotokoll
Dans son rapport, le Conseil fédéral souligne l'importance d'un système commercial mondial fondé sur des règles et se présente comme un défenseur du multilatéralisme et d'une politique économique durable. Le groupe socialiste salue cette position de principe, en particulier l'orientation pro-européenne et l'engagement dans les organisations internationales comme l'OCDE, l'OMC et le G20.
Cependant, derrière les mots qui sonnent bien, le rapport, à notre avis, reste assez vague sur plusieurs éléments centraux. Par exemple, le rapport souligne le rôle de la Suisse dans le multilatéralisme, mais nous ne voyons pas d'engagements politiques clairs. A l'heure du repli sur soi et du protectionnisme, ce serait pourtant d'autant plus important. La Suisse profite de l'ouverture des marchés et des règles commerciales internationales, mais que fait-elle concrètement pour rendre ces règles plus équitables? Il manque une [PAGE 291] stratégie sur la manière dont notre pays veut s'engager au sein de l'OMC et du G20 pour des conditions commerciales équitables et des normes sociales et environnementales fortes. C'est une logique économique libérale qui domine. Cette logique conçoit le multilatéralisme avant tout comme un instrument d'ouverture des marchés et non comme un levier pour lutter contre les inégalités mondiales.
Le chapitre concernant l'Europe est très succinct. Il reconnaît l'importance de développer nos relations avec l'Union européenne, qui reste notre premier partenaire économique. Il fait mention des négociations en cours pour stabiliser et développer la voie bilatérale, mais on voudrait sentir un plus grand élan pour se rapprocher de l'Union européenne, alors que les futurs accords de libre-échange avec l'Inde et par la suite avec la Chine sont bien présents à l'agenda.
Concernant la promotion du développement durable et la responsabilité sociale, le rapport parle du respect des normes sociales et environnementales dans les accords de libre-échange, mais reste vague sur la manière dont elles doivent être concrètement appliquées. La réalité montre que les considérations économiques priment presque toujours. De notre point de vue, la Suisse devrait développer une politique économique extérieure qui impose des obligations sociales et écologiques aux entreprises et qui se reflète dans les accords internationaux. Ce n'est pas par hasard si une[NB]nouvelle[NB]initiative[NB]pour des multinationales responsables a été lancée récemment et a déjà recueilli plus qu'il ne faut de signatures.
Nous prenons acte de ce rapport et nous aurons à coeur de poursuivre les discussions afin que les principes énoncés se concrétisent et que l'on puisse également discuter des nouveaux enjeux qui se présentent, en particulier à l'échelle mondiale, actuellement.