Parmelin Guy · Bundesrat · 2025-03-17
Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2025-03-17
Wortprotokoll
M.[NB]le rapporteur Carlo Sommaruga a dressé une image très détaillée du rapport. Je vais donc pouvoir être bref.
Cette année encore, nous avons centré le rapport sur les principales questions et évolutions de la politique économique extérieure, et nous l'avons formulé de la manière la plus concise possible. Comme vous l'avez compris, et cela a d'ailleurs été rappelé par M.[NB]Sommaruga, c'est une illustration de l'année 2024. Le rapport ne tient pas compte des derniers développements de l'année 2025, même si nous avons effleuré ces thèmes lors de la séance de commission. En effet, cette année, qui a commencé maintenant depuis bientôt 3 mois, sera certainement plus turbulente pour notre politique économique extérieure. Naturellement, le rapport pour l'année 2025 devra refléter ces turbulences et nécessitera des approfondissements à ce sujet.
Vous le savez, l'économie mondiale est en mutation. Elle est surtout marquée par une incertitude croissante dans les relations économiques et commerciales mondiales. Dans le rapport, nous observons comment les grandes puissances, l'Union européenne, les Etats-Unis et la Chine, adaptent leur stratégie en matière de commerce extérieur, avec un accent qui est mis sur la réorganisation des chaînes de valeur stratégiques et les initiatives de politique industrielle. Ces évolutions montrent un déclin de la confiance dans la division internationale du travail, qui a été pendant des décennies l'un des piliers du commerce mondial. On voit que la priorité est désormais donnée à ce que l'on peut qualifier de sécurité économique, et cela souvent au détriment de l'ouverture des marchés.
Pour la Suisse, ces développements représentent des défis considérables. En tant que petit pays, avec un marché de taille moyenne, notre économie est fortement intégrée dans le marché mondial. Elle dépend inévitablement du commerce international, comme de son intégration dans ces chaînes de valeur internationales. La Suisse ne se contente pas de réagir, mais elle anticipe et promeut aussi de manière ciblée la place économique suisse. Nous misons sur les atouts de cette place économique et améliorons systématiquement les conditions-cadres pour toutes les entreprises, et cela sans distinction. Ainsi, la Suisse maintient son approche de politique industrielle dite "horizontale". Le Conseil fédéral aide aussi les entreprises, à titre subsidiaire, à réagir aux dépendances commerciales potentielles. L'approvisionnement économique du pays et la stratégie de protection des infrastructures critiques sont des éléments importants à cet égard.
La diversification des chaînes d'approvisionnement est aussi une priorité. Comme cela a été rappelé par M.[NB]Sommaruga, l'année sous revue, par exemple, avait aussi commencé avec l'entrée en vigueur du démantèlement des droits de douane sur les produits industriels.
Un autre élément clé de cette politique est le développement du réseau d'accords de libre-échange. En 2024, avec les pays de l'AELE, la Suisse a pu conclure et moderniser aussi le nombre impressionnant de cinq accords de libre-échange. Dans le contexte international difficile que nous traversons, on peut qualifier cela, sans forfanterie, de performance remarquable. Par ailleurs, la conclusion matérielle des négociations avec l'UE, qui reste le principal partenaire commercial de la Suisse, marque aussi une étape importante pour la stabilisation et le développement de la voie bilatérale avec l'UE. Dans un contexte d'instabilité géopolitique, cette stabilité des relations avec nos voisins est une nécessité stratégique. Les crises de ces dernières années mettent aussi en évidence la robustesse de la politique économique extérieure de la Suisse, qui a fait preuve d'une résilience remarquable, si l'on fait une comparaison internationale. Cela montre que la création et le maintien des conditions-cadres, propices pour tous les secteurs, ont fait leurs preuves et que c'est bien là que, dans le futur, nous devons investir nos ressources.
C'est sur ces considérations que je souhaite conclure, après avoir précisé que, comme chaque année, nous vous soumettons également le rapport sur les mesures tarifaires. Nous vous demandons donc d'entrer en matière, de prendre connaissance du rapport et d'approuver les mesures qu'il contient.