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Maret Marianne · Ständerat · 2025-03-18

Maret Marianne · Ständerat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2025-03-18

Wortprotokoll

L'avis du Conseil fédéral met en avant les actions déjà entreprises dans le domaine de la prévention et de la promotion de la santé, notamment via la Stratégie nationale de prévention des maladies non transmissibles (MNT), et la prévention dans le domaine des soins. Il [PAGE 285] insiste également sur l'existence d'un cadre législatif définissant les compétences des professionnels de santé et évoque la formation continue comme levier d'action principal. Or, ces éléments ne suffisent pas à répondre aux enjeux soulevés dans mon postulat. Le Conseil fédéral doit aller plus loin en prenant clairement position et en approfondissant les mesures nécessaires pour assurer une meilleure structuration de la promotion de la santé en Suisse. Plusieurs points essentiels justifient cette nécessité.

Premièrement, la formation continue ne suffit pas; il faut renforcer la formation de base. La réponse du Conseil fédéral met un accent excessif sur la formation continue qui cible les professionnels de la santé déjà en exercice. Or, cet axe ne permet pas de répondre aux besoins fondamentaux soulevés par le texte: la structuration et la reconnaissance d'un véritable profil professionnel en promotion de la santé et en prévention. C'est ce que je demande. Une formation continue ne permet pas d'instaurer un profil professionnel clairement identifié et reconnu sur le terrain; elle se limite à ajouter des compétences à des professionnels dont le coeur de métier n'est pas forcément la promotion de la santé, tout en ajoutant des compétences indispensables à la promotion de santé secondaire et tertiaire en particulier. Elle ne leur permet pas de déployer des projets propres et de grande envergure à l'échelle cantonale ou nationale. L'absence d'un cadre structurant empêche la reconnaissance institutionnelle du rôle des experts. Sans ce cadre, ces spécialistes peinent à s'imposer dans les milieux et à être identifiés comme des acteurs essentiels de la santé publique. Le Conseil fédéral devrait donc aller au-delà du simple soutien aux initiatives de formation continue et examiner comment soutenir la formation en promotion[NB]de[NB]la[NB]santé[NB]et[NB]en[NB]prévention[NB]dès[NB]la formation initiale.

Deuxièmement, il y a un focus trop marqué sur la prévention secondaire et tertiaire au détriment de la promotion primaire. A nouveau, la réponse du Conseil fédéral montre une focalisation excessive sur la prévention secondaire et tertiaire. La promotion de la santé primaire est pourtant la plus efficace pour maintenir la population en bonne santé et limiter l'apparition de maladies chroniques. Elle vise à agir en amont avant que les premiers signes de maladie apparaissent en favorisant les comportements favorables à la santé dans la population en général. Les coûts pour le système de santé sont moindres lorsque l'on agit en prévention primaire plutôt que d'attendre que les patients développent des pathologies nécessitant des soins lourds et coûteux. Les actions de prévention secondaire et tertiaire sont ciblées sur des populations spécifiques, des personnes à risque ou déjà malades, alors que la promotion primaire concerne l'ensemble de la population et permet d'agir sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé. Le Conseil fédéral doit donc clairement reconnaître la nécessité de renforcer la promotion primaire.

Troisièmement, il faut des compétences et des profils professionnels distincts selon le niveau de la prévention. La réponse du Conseil fédéral ne fait pas une distinction suffisante. Or ces distinctions sont essentielles pour garantir une prise en charge cohérente et efficace. Les professionnels de la prévention primaire ont des compétences spécifiques. A l'inverse, la prévention secondaire et tertiaire repose davantage sur les professionnels de la santé déjà en exercice, médecins, infirmiers et autres thérapeutes, qui travaillent auprès de patients à risque ou malades. Leur rôle est davantage centré sur l'accompagnement et la réduction des complications et des risques. Aujourd'hui, il apparaît essentiel de concentrer des efforts substantiels sur la prévention primaire.

Quatrièmement, il est nécessaire de renforcer le leadership et l'engagement politique. Sans une prise de position claire, les efforts en matière de prévention resteront fragmentés et insuffisamment structurés. Il ne suffit pas de se reposer sur des initiatives locales ou sur des fondations. Un cadre national est nécessaire. Ainsi, un rapport dédié est indispensable pour permettre de définir une stratégie nationale cohérente, intégrant à la fois la structuration des formations, la répartition des rôles et l'allocation des ressources.

Je conclurai en disant à nouveau que l'avis du Conseil fédéral ne répond pas aux enjeux soulevés par ce texte. Il se focalise trop sur la formation continue, alors qu'un travail de fond sur la formation de base est nécessaire.

Je vous remercie d'ores et déjà de soutenir ce postulat qui répond à une vraie nécessité et qui demande effectivement de faire un nouveau pas en avant pour la prévention.