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Brunner Christiane · Ständerat · 2003-06-18

Brunner Christiane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2003-06-18

Wortprotokoll

Je vous prie de prendre ma proposition de minorité en ce qui concerne l'abrogation de l'appel un peu à la légère. Non pas que ma proposition ne soit pas sérieuse! Mais dans notre Conseil, en particulier au moment de l'appel, je trouve qu'il nous manque un peu le sens de l'humour.

Depuis bientôt huit ans que je siège dans ce Conseil, je boycotte l'appel du matin. Alors, tout le monde me dit: "Tu n'arrives pas à te lever le matin!" C'est vrai que l'aurore n'est pas ma meilleure heure. Mais si on considère que la moitié à peu près des jours de session, nous avons une séance de commission à 7 heures ou à 7 heures 30 du matin, et que nous avons des invitations importantes à petit-déjeuner pour débattre de sujets politiques, bien sûr, on constate que mes possibilités de grasse matinée pendant les sessions sont quand même très réduites.

Il semble que l'élément principal de l'appel soit fondé sur la notion de la ponctualité au Conseil des Etats. Nous devons faire la démonstration que nous sommes ponctuels, donc que nous sommes sérieux, en sacrifiant à un rite qui tient du dressage à l'école ou, éventuellement aussi, du service militaire. Je considère que les conseillers et conseillères aux Etats ne sont pas là pour être dressés, mais qu'ils ont été élus pour représenter les cantons et que nous sommes, toutes et tous, extrêmement conscients de nos responsabilités. Et même, nous pouvons nous autoriser à être rebelles face à une institution. Je considère, par exemple, que notre collègue Carlo Schmid et moi-même, dans un registre tout à fait différent, nous avons un peu pour mission d'être rebelles.

Ma rébellion à l'égard de l'appel tient peut-être aussi au fait que je suis une femme et que je n'ai évidemment pas fait de service militaire. L'appel représente pour moi le symbole de la discipline. Et nous n'avons pas besoin d'être disciplinés puisque nous sommes, tout simplement, responsables.

Si vous tenez tellement à garder l'institution de l'appel - cette institution désuète de l'appel - pour montrer notre sens de la responsabilité, alors je vous propose d'introduire aussi un appel en fin de séance parce que la ponctualité est une vertu, mais l'endurance en est aussi une. Le 16 septembre 1975, le conseiller aux Etats Albin Heimann avait fait la même proposition que moi lors de la révision du règlement du Conseil des Etats. Je ne résiste pas au plaisir de vous lire une partie de son intervention:

"Vielleicht ist es Ihnen entgangen, dass sich verschiedene Zeitungen dieser Frage angenommen haben, nachdem ich schon im Januar 1972 den Vorschlag dem Büro unterbreitet habe. Da schreibt beispielsweise der 'Nebelspalter': 'Dann aber Appell, dem Alphabet nach wird jeder einzelne vom Präsidenten bei seinem Namen gerufen, .... worauf er je nach Temperament schneidig oder verschlafen repliziert 'hier' oder 'présent'. Das tönt dann vaterländisch, und die spärlichen Besucher aus dem Ausland wundern sich über so viel Disziplin und sagen, bei ihnen daheim gebe es dergleichen nur auf dem Kasernenhof.'

Dann hat sich aber auch die 'Woche' zu dieser Frage geäussert, und zwar noch mit einer Lobpreisung auf das Büro. Nachdem der Sachverhalt dargelegt wird, steht dann zu lesen: 'Heute wirkt dieses Vorgehen leicht komisch und ist der Würde des Rates eher abträglich. So viel sollte sogar ein ständerätliches Büro begreifen, das immerhin aus intelligenten Leuten zusammengesetzt ist.' Dann als letzte Pressestimme eine aus dem Wallis, dem 'Walliser Boten': 'Dass der Vizekanzler zu Beginn der Sitzung alle Mitglieder mit Namen aufruft, ist tatsächlich etwas grotesk.' Ich glaube deshalb, dass der Rat gut beraten ist, wenn er auf diese Übung verzichtet; sie ist unfruchtbar." (AB 1975 S 508)

Alors voilà, quelque vingt ans après cette excellente intervention, je vous prie de soutenir ma proposition de minorité.

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