AB 359149
Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2025-06-17
Wortprotokoll
La motion de la CER-E charge le Conseil fédéral de soutenir spécifiquement la production laitière afin de la rendre économiquement plus attrayante, et ceci au plus tard lors de l'élaboration de la Politique agricole 2030 plus (PA30+).
Pour la majorité de la CER-N, le salaire horaire est plus bas que dans d'autres filières, puisque c'est un secteur dans lequel les heures travaillées sont plus nombreuses. Je rappelle aussi que c'est le seul secteur agricole partiellement libéralisé. Les conditions-cadres doivent donc inciter la relève à poursuivre cette production, par ailleurs mieux adaptée que d'autres à la topographie de notre pays. La commission reconnaît l'importance stratégique de la production laitière basée sur les herbages, qui permet de valoriser des surfaces agricoles peu adaptées à d'autres cultures, tout en s'inscrivant dans une logique de durabilité.
Une discussion a eu lieu pour ajouter expressément le terme "adapté au site" - "standortgerecht" - dans la motion, pour s'assurer que la stratégie de production laitière reste axée sur les pâturages suisses, et que le fourrage importé reste minime, comme actuellement - il se situe autour des 10 pour cent. Ceci correspond justement à une caractéristique de la production laitière par rapport à d'autres filières, porcine ou volaille, et est donc un argument en faveur de la motion. En effet, les pâturages boisés, les collines, font partie des surfaces agricoles de notre pays et ne sont pas des endroits qui peuvent être autrement cultivés.
La majorité a cependant opté pour ne pas modifier la motion, afin de ne pas prolonger le processus parlementaire, tout en assurant que la production laitière était adaptée au site, qu'elle devait continuer à l'être et que c'était dans ce sens que la motion devait être comprise. Il n'y a donc, par exemple, pas de velléité d'augmenter le fourrage importé ni de renforcer le fossé entre les revenus agricoles, puisqu'on sait que dans les régions de montagne, le revenu paysan est plus bas que dans les régions de plaine, où il peut être le double - vous vous souvenez du rapport du Conseil fédéral à la suite du postulat Bulliard 21.4585 sur la diversité dans les revenus agricoles.
Une minorité, tout en partageant l'objectif de la motion - améliorer la situation des producteurs -, émet en revanche des [PAGE 1137] réserves importantes quant aux moyens proposés. Encourager une production accrue de fromage, renforcer les règles de promotion des ventes et recentrer les aides publiques sur des denrées à forte intensité de main-d'oeuvre ne garantit ni un revenu équitable ni une production plus durable. Par ailleurs, intervenir sur une filière agricole n'est pas cohérent aujourd'hui, alors que le Parlement a dû valider les crédits des paiements directs pour les prochaines années sans discuter sur le fond, la discussion de fond étant menée dans le cadre de l'élaboration de la PA30+. Pour ces raisons, elle s'oppose à la motion 24.4269 dans sa forme actuelle.
Même si je vais à titre personnel soutenir cette motion, je profite de rappeler une leçon apprise par le passé, lorsque le prix du porc suisse a chuté. L'intensification de la production a occasionné un surplus sur le marché, la demande ne suivant pas l'offre. La pression sur les prix a donc été massive et les producteurs porcins ont vu la part rémunératrice de leur travail baisser drastiquement. Une intensification se fait donc non seulement au détriment de l'environnement, mais aussi au détriment des agriculteurs eux-mêmes, qui voient leur revenu baisser alors même qu'ils produisent davantage. Pour cette raison, les mesures doivent être menées parallèlement. Ce n'est ainsi pas un hasard si le Conseil national a soutenu massivement en décembre 2024 une initiative parlementaire qui vise à plus de transparence dans la chaîne de valeur et les marges pour améliorer le revenu agricole. C'est d'ailleurs un des objectifs de la PA30+, qui doit prendre en compte la chaîne agroalimentaire dans son ensemble.
La CER-N a finalement soutenu la motion, par 13 voix contre 7 et 3 abstentions.