Broulis Pascal · Ständerat · 2025-09-16
Broulis Pascal · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2025-09-16
Wortprotokoll
J'ai lu avec attention la réponse du Conseil fédéral à mon interpellation et le remercie pour sa transparence. Toutefois, sa réponse ne me satisfait pas, tout comme les nombreux usagers de Suisse romande. Depuis l'année 2000, l'offre ferroviaire entre la Suisse et la France se dégrade. À titre d'exemple, l'offre concernant Lausanne, Neuchâtel et Berne n'a fait que baisser. Les offres saisonnières concernant le Valais et Interlaken ont également disparu. En effet, en 2024, on apprend que la moitié des liaisons entre Paris et Lausanne seront supprimées en raison d'un temps de parcours retardé jusqu'à Genève, ce qui ne permettrait pas de prolonger les TGV jusqu'à Lausanne. Cette suppression durera plus d'une année et devrait avoir lieu jusqu'en avril 2027. Pire encore, on apprend que même durant les vacances scolaires vaudoises, la liaison Paris-Lausanne via [PAGE 897] Vallorbe sera entièrement supprimée en raison de la fermeture du tunnel du Mont-d'Or. L'ancien candidat français à l'Eurovision Slimane chantait en 2016 "Paname, Paname, on arrive". Dix ans plus tard, avec l'horaire 2026, il faudrait changer cette chanson ainsi[NB]: "Paname, Paname, on n'arrive plus".
Cette réponse appelle les commentaires suivants de ma part. Premièrement, aucune solution n'est proposée pour les usagers qui devront transiter entre Lausanne et Genève pour prendre le TGV à Lausanne, alors que nous savons que cette ligne est déjà surchargée et souvent interrompue. Il est déjà fréquent que de nombreux voyageurs fassent le trajet debout dans les wagons. J'ai ainsi de réelles craintes que les usagers des gares de Lausanne, soit environ 112[NB]600 personnes, et ceux de Genève, soit 89[NB]800 personnes, soient gravement pénalisés durant cette période, puisque les plus de 3000 places assises prévues dans les liaisons aller-retour avec Lyria depuis Lausanne viendront transiter dans les gares et surcharger les trains déjà bondés. Vu l'absence de capacité supplémentaire de la ligne, selon le Conseil fédéral, je crains vivement les changements d'horaire 2026, et redoute qu'un report modal se fasse du train vers l'avion.
Deuxièmement, le Conseil fédéral relève à demi-mot que la flotte de Lyria n'est pas suffisante pour déployer des trains supplémentaires, en particulier pour remettre en place une quatrième liaison quotidienne via Vallorbe pour Paris depuis Lausanne. J'invite le Conseil fédéral à trouver des alternatives pour qu'une telle situation ne se reproduise plus.
Je souhaite également obtenir des précisions concernant la déclaration d'intention signée en février 2025 avec le ministre des transports français, en particulier les objectifs concernant les dessertes et les temps de parcours, les délais de mise en oeuvre et les éventuels financements. Je peine à comprendre qu'il soit impossible de trouver des capacités entre Lausanne et Genève pour les TGV internationaux, d'autant plus qu'il s'agit d'adaptations des capacités dans le temps, puisque les TGV sont uniquement retardés. Il serait donc possible de simplement adapter l'horaire sans suppression de trains.
Enfin, cette problématique souligne encore une fois la faiblesse de la ligne Lausanne-Genève - on sait qu'elle devrait être améliorée, mais dans un espace temporel d'environ trente à quarante ans - et qu'il est plus que jamais nécessaire d'accélérer les travaux sur cette ligne pour que de telles inepties ne se reproduisent plus.