Weber Céline · Nationalrat · 2025-09-22
Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2025-09-22
Wortprotokoll
Le constat est clair. Il suffit d'écouter les gens sur les marchés le samedi matin[NB]: une Suisse à 10 millions ne fait pas rêver ou alors que très peu de gens. Oui, la Suisse se questionne sur l'évolution de sa démographie et ne rien faire n'est pas une option. À la solution bureaucratique qui manque sa cible et qui veut mettre la Suisse inutilement dans un corset, telle que la propose l'initiative, le Parti vert'libéral préfère des solutions pragmatiques, adaptées aux différentes situations régionales et qui ne contraignent pas sans raison les générations futures.
Bureaucratique, l'initiative l'est parce qu'on voit mal comment concrètement réguler la population pour ne pas dépasser de valeur seuil, quelle que soit cette valeur d'ailleurs. Comment un entrepreneur suisse, par exemple, peut-il planifier le développement de son entreprise durant les 10 prochaines années s'il ne sait pas s'il pourra engager le personnel nécessaire ou si une autre entreprise à l'autre bout du pays ne lui aura pas piqué sous le nez la dernière personne qui a le droit d'entrer sur le territoire[NB]? Faudra-t-il mettre en place un registre centralisé et étatique au niveau suisse dans lequel chaque canton, après avoir demandé à toutes les entreprises du canton de remplir de lourds formulaires, inscrira ce qu'il estime nécessaire pour ses entreprises en matière de personnel dans les prochaines années[NB]? Faudra-t-il qu'on attribue un quota d'immigrés par canton et selon quels critères[NB]? On le voit, la solution de l'UDC interroge sur sa mise en pratique.
Cette initiative manque sa cible parce qu'elle s'attaque aux symptômes plutôt que d'analyser la problématique dans son ensemble. L'initiative propose une mesure en bout de chaîne. On peut d'ailleurs se demander pourquoi l'initiative s'en prend à l'immigration et non, par exemple, à la promotion économique, ce qui aurait au moins le mérite d'être plus cohérent, vu que l'immigration est liée principalement aux emplois. Faut-il attirer sans cesse de nouvelles entreprises sans tenir compte des limites en personnel ou de l'acceptation sociale[NB]? La question est presque philosophique, mais ce qui est sûr, c'est qu'il faut une coordination réfléchie sur le long terme et non pas une initiative qui sonne bien, mais qui n'apporte aucune solution. Pour le Parti vert'libéral, il est important d'adopter une approche de croissance économique durable avec le personnel nécessaire.
Enfin, cette initiative corsète la Suisse, parce que l'Europe est de loin le marché le plus important pour la Suisse et que nos partenaires les plus fiables sont les pays du même continent. Pourquoi donc s'en priver[NB]? Aux solutions à l'emporte-pièce, le Parti vert'libéral préfère des solutions pragmatiques qui permettent de freiner l'immigration en utilisant pleinement le potentiel de main-d'oeuvre dont nous disposons au sein même de notre pays. On pourrait, par exemple, réduire les charges salariales pour les plus de 55 ans, notamment pour le deuxième pilier. Ainsi, les travailleurs expérimentés resteraient plus attractifs pour nos entreprises, si bien que ces entreprises n'auraient plus besoin de faire appel à une main-d'oeuvre immigrée moins coûteuse.
On pourrait aussi imaginer une prime de motivation, par exemple sous la forme de déductions fiscales, pour inciter les travailleurs âgés à continuer à travailler volontairement au-delà de l'âge de référence de 65 ans. À elles seules, ces deux mesures permettraient d'intégrer plus de 100[NB]000 ressortissants indigènes supplémentaires sur le marché du travail. Le groupe vert'libéral va d'ailleurs déposer deux motions à ce sujet cette semaine encore. Il existe d'autres mesures encore, comme l'âge de l'accès au marché du travail, qui se fait de plus en plus tard sans raison, ce qu'il faut combattre, ou encore l'imposition individuelle et de meilleures conditions-cadres pour concilier vie professionnelle et vie familiale. Ces trois mesures contribuent elles aussi à permettre à davantage d'indigènes d'intégrer le marché du travail. Deux cent mille collaboratrices et collaborateurs en tout, sans immigration, mais grâce à une stratégie globale, c'est possible et c'est ce que le groupe vert'libéral vous propose.
Enfin, s'agissant de la criminalité, le Parti vert'libéral s'est toujours engagé pour une politique juste mais stricte. Les criminels étrangers n'ont rien à faire sur notre territoire. Il n'est pas admissible que des gens à qui nous offrons la protection, mettent en danger nos compatriotes. Mais pour cela, nul besoin d'attendre de franchir une valeur seuil de la population pour réagir.
Vous l'aurez compris, le groupe vert'libéral ne soutiendra pas cette initiative qui n'a de durable que le nom et le chaos qu'elle produira en cas d'acceptation. Nous ne soutiendrons pas non plus le contre-projet, car nous estimons qu'il y a des stratégies nettement plus efficaces, comme celles que je viens de développer.