Tuosto Brenda · Nationalrat · 2025-09-25
Tuosto Brenda · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-09-25
Wortprotokoll
Si l'initiative de l'UDC était acceptée, le tourisme, secteur vital pour l'économie suisse et indispensable à la survie de nombreuses régions, serait gravement entravé. L'hôtellerie et la restauration perdraient un cinquième de leur main-d'oeuvre, alors qu'elles souffrent déjà d'une pénurie. Cela mènerait à des fermetures, à un recours au travail au noir, à des expulsions et à des condamnations, aggravant ainsi les tensions politiques et sociales - je clos ici la liste. Cette mise en garde est tirée d'un argumentaire de novembre 1988 du Comité romand contre la sixième initiative xénophobe. Depuis les années 1970, on ne compte plus les initiatives visant à lutter contre la soi-disant surpopulation étrangère. La Suisse a passé le cap des 6 millions d'habitants en 1967, mais, pour certains, c'était déjà trop. Heureusement, toutes les initiatives Schwarzenbach ont échoué dans les urnes. L'UDC a pourtant repris le flambeau de l'Action nationale et nous propose ainsi, aujourd'hui, de plafonner la Suisse à 10 millions d'habitants avant 2050, alors que, pas plus tard qu'en 2020, son initiative de limitation a été rejetée à 61 pour cent et par 19 cantons. Ce résultat n'est-il pas clair[NB]? Nous sommes en 2025. Plus d'un tiers de la population active est d'origine étrangère. La Suisse est attractive, elle crée des emplois, mais il n'y a pas assez de main-d'oeuvre indigène pour les occuper. L'économie suisse doit-elle cesser de croître pour satisfaire à l'injonction politique de l'UDC[NB]? Cette initiative, qui n'amène rien de neuf ni d'utile dans la Constitution fédérale, vise à assurer un développement durable de la population, en particulier en vue de protéger l'environnement et dans l'intérêt de la conservation durable des ressources naturelles, comme cela est indiqué dans le texte. Sous couvert de belles paroles, l'UDC cherche à nous faire accepter l'inacceptable[NB]: résilier l'accord de libre circulation des personnes, saboter les accords bilatéraux et ruiner les négociations avec l'Union européenne, pourtant approuvées à plusieurs reprises par le peuple. Un "oui" à ce texte détruirait les résultats des négociations au cours.
Si l'UDC se préoccupait vraiment de l'environnement, elle devrait cesser de bloquer et de rejeter les propositions visant à lutter contre les effets du réchauffement climatique, notamment l'affaiblissement de la loi sur le CO2. N'oublions pas un fait historique[NB]: l'ensemble des grands ouvrages de construction de notre pays, le Simplon, avec 14[NB]000 ouvriers, le Gothard, 5000, ou encore le Lötschberg, ont été construits grâce à une main-d'oeuvre étrangère, principalement italienne. Ces infrastructures au service direct de notre économie n'existeraient tout simplement pas sans cette contribution étrangère. Maintenant que ces ouvrages sont là, il faudrait fermer les frontières et résilier les accords de libre circulation au nom de cette prétendue durabilité. Voilà toute l'hypocrisie de l'initiative UDC "Pas de Suisse à 10 millions[NB]!"[NB]: profiter du travail des étrangers hier, tout en leur claquant la porte aujourd'hui.
Laissez-moi conclure par une touche plus personnelle. C'est une fille d'immigrés italiens qui vous parle. Ma présence dans ce Parlement montre que l'intégration fonctionne. Si l'une ou l'autre des initiatives Schwarzenbach avait été acceptée, mes grands-parents et mes parents n'auraient certainement pas pu faire leurs vies en Suisse. Ce qu'il y a de profondément désagréable dans ce nouveau texte d'initiative, c'est que, malgré les nombreux refus de la population de limiter la population étrangère, l'UDC continue à faire croire aux Suissesses et aux Suisses que les problèmes qu'ils rencontrent sur le marché du travail ou la quête de logement, c'est de la faute des autres, celle des étrangers.
Guardiamoci dall'intavolare discorsi di odio e dal designare gli stranieri come capri espiatori di tutti i nostri mali. Dobbiamo essere invece orgogliosi della nostra capacità di integrazione, della nostra economia efficiente. Siamo grati per il contributo che gli stranieri danno al nostro successo. Rifiutiamo con forza questo testo xenofobo e antieuropeo.