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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2025-09-25

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-09-25

Wortprotokoll

Les loyers explosent chaque année. Chaque année, plus de 10 milliards de francs de loyers sont payés en trop. On a des annonces, encore aujourd'hui, qui nous disent que les prix des médicaments vont augmenter juste pour plaire aux États-Unis. D'autres annonces nous disent que les primes d'assurance-maladie vont exploser, alors que les assureurs-maladie se gorgent de profit et que leurs leaders reçoivent des millions de francs de salaire. Nous vivons une crise sans précédent du pouvoir d'achat de la classe moyenne.

Cependant, pas tout le monde ne souffre. Il y a dans cette même société, dans ce même pays, des gens qui profitent de ces crises-là. Lorsque 10 milliards de francs de loyer sont payés en trop, 10 milliards de francs sont gagnés en trop par d'autres personnes. Lorsque les médicaments sont trop chers, les entreprises pharmaceutiques gagnent un quart de leur chiffre d'affaires en pur profit après avoir payé toutes leurs charges. Savez-vous quel est le hold-up du siècle[NB]? C'est que ces gens qui gagnent des milliards sur le dos de la population ont réussi à convaincre une partie de la population et, surtout, d'un certain groupe politique que les gens fautifs des difficultés de notre population, ce ne sont pas ces milliardaires qui ont le pouvoir aujourd'hui, mais ce sont les pauvres, ce sont les étrangers qui veulent travailler en Suisse, ce sont les gens qui soignent nos personnes âgées, les gens qui s'occupent de nos enfants, les gens qui construisent nos murs. Ce seraient eux, qui n'ont aucun pouvoir ou très peu de pouvoir dans ce pays, qui seraient responsables de nos difficultés, et pas celles et ceux qui ont le vrai pouvoir, c'est-à-dire l'argent.

Ces mêmes gens, ces mêmes milliardaires et oligarques, veulent que la Suisse pousse un cri de haine, mais, si elle le faisait, l'écho serait dévastateur. L'écho de ce cri ferait voler en éclats tant les valeurs de notre pays que sa prospérité. Que se passera-t-il si nous n'avons plus assez de gens pour prendre soin de nos personnes âgées dans les EMS, si nous n'avons plus assez de monde pour construire nos infrastructures, pour s'occuper de nos terres agricoles, pour s'occuper de nos trains et de nos routes[NB]? Il y a une réponse simple à cela[NB]: il y aura moins. Il y aura moins pour tout le monde[NB]: il y aura moins d'hôpitaux, il y aura moins d'établissements médico-sociaux, il y aura moins de services, il y aura moins de gens là pour offrir et il y aura moins de nourriture.

Que se passe-t-il lorsqu'il y a moins de ces éléments[NB]? Outre le fait qu'il y a moins d'emplois, il y a moins d'offre. Et lorsqu'il y a moins d'offre, il y a de l'inflation. Tout coûtera plus cher[NB]: s'occuper de nos grands-parents et de nos aînés coûtera plus cher et nous soigner coûtera encore plus cher. Ainsi, les salaires réels seront plus bas. L'inflation[NB]! En refusant d'avoir la main-d'oeuvre pour faire le travail dont nous avons besoin en Suisse, nous générerons une hausse massive des prix, et des salaires dégradés pour l'essentiel de la population.

Ce sont les mêmes personnes, qui poussent à l'acceptation de ce texte, qui n'en subiront pas les conséquences. Parce que, évidemment, si vous êtes multimillionnaire ou milliardaire, ce n'est pas grave si cela coûte quelques dizaines de milliers de francs de plus en cas de problème de santé ou simplement en raison d'un âge avancé. Les oligarques, qui poussent à accepter cette initiative, n'auront jamais de problème à s'offrir ces prestations en Suisse ou ailleurs à l'étranger. Ce n'est pas le cas pour la population en général qui devra payer cela. Ce sont d'ailleurs les mêmes personnes, qui lancent cette initiative, qui luttent contre toute forme de coopération, notamment avec nos voisins de l'Union européenne, mais qui ont aussi forcé le Conseil fédéral à adopter une stratégie absolument inacceptable dans les négociations avec le président Trump[NB]; cela conduit la Suisse à être totalement isolée. Si la Suisse est isolée, si son économie souffre, toute la population en payera le prix, sauf celles et ceux qui n'ont pas besoin d'une économie forte pour survivre, parce qu'ils ont les moyens, parce qu'ils ont de gigantesques propriétés, des comptes en banque bien garnis et la possibilité de se déplacer là où ils veulent. Mais les PME de ce pays, les boulangers, les bouchers, les paysans, toutes les personnes qui travaillent dur, ne peuvent pas facilement se déplacer dans un autre pays dans le cas où notre prospérité est mise à mal.

Pour lutter contre l'isolement de notre pays, mais également pour défendre - un - nos valeurs et - deux - tout ce qui a fait que nous sommes où nous sommes aujourd'hui, je vous appelle à recommander clairement le rejet de ce texte et à vous battre pour une Suisse qui devient forte non pas parce qu'elle est seule à crier dans le noir, mais parce qu'elle porte, avec d'autres, la lumière du travail international, de la coopération, et, enfin, à vous battre pour une Suisse dont la richesse est partagée avec toutes les personnes qui vivent sur notre territoire, pour qu'elles puissent en profiter.