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Hurni Baptiste · Ständerat · 2025-12-02

Hurni Baptiste · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-12-02

Wortprotokoll

J'aimerais rappeler quelques chiffres, puisque nous sommes dans le budget. La coopération internationale, dans son ensemble, il faut s'en rappeler, a été rabotée au budget 2025 de 110 millions de francs et dans la planification financière 2026-2028, à l'époque, de montants équivalents. Ces 110 millions que nous avons coupés l'année passée n'ont donc pas été remis au budget cette année. Maintenant, la minorité Friedli Esther, entre l'aide au développement au DFAE et celle au SECO, propose une nouvelle coupe globale de 190 millions. L'année passée, bien que, personnellement, j'y aie été totalement opposé, je comprenais la raison de cette coupe. Il fallait trouver de quoi augmenter massivement le budget de l'armée. Or, cette année, encore une fois, l'augmentation du budget de l'armée est intégrée au budget équilibré qui nous est soumis. Dit autrement, ni les mécanismes financiers relativement stricts, ni la bonne tenue des comptes de l'État, ni un objectif politique d'augmenter davantage un autre budget ne sont poursuivis par cette minorité. Elle a uniquement la volonté de couper dans la coopération internationale.

La coupe de l'an passé a eu des conséquences importantes que ma sous-commission a pu observer par des questions sur la coopération internationale. Nous avons dû couper les budgets d'organisations multilatérales et nous sommes en train de sortir de trois pays dans la coopération bilatérale, à savoir la Zambie, le Bangladesh et l'Albanie. Concrètement, cela signifie qu'en Albanie et au Bangladesh, nous avions beaucoup oeuvré pour le développement du marché du travail et, au Bangladesh surtout, pour des conditions de travail plus dignes. Nous avons développé des partenariats pour de meilleures conditions de travail et pour garantir le respect des travailleurs dans le domaine du textile. Ces programmes n'existent plus. En Zambie, c'était plutôt dans le domaine de la santé que la Suisse s'impliquait et notre décision l'an passé implique que ce pays ne bénéficiera plus des programmes prévus. Ce pays est très touché par le sida. Beaucoup de programmes américains auxquels la Suisse s'associait en Afrique australe se rapportent à la santé et notamment à la lutte contre le sida et à l'accès aux médicaments. Des gens mourront forcément par manque de soutien à court terme, car ce pays, comme beaucoup d'autres, a dû vivre la fin de l'aide américaine. C'est surtout cela le problème, mais il est naturellement renforcé par nos décisions.

Décider aujourd'hui d'une nouvelle coupe de la même ampleur et même supérieure à celle de l'année passée, sans nécessité financière, c'est pour moi envoyer un message que je combats absolument. C'est au fond l'idée que la coopération internationale est un luxe qu'on ne peut plus se permettre, que ce n'est pas notre responsabilité de participer à faire en sorte que d'autres pays se développent. C'est considérer que la Suisse n'a pas de rôle à jouer sur les questions de santé ou de démocratie. C'est oublier que la coopération internationale est aussi un outil diplomatique et qu'elle contribue à l'image de la Suisse comme plaque tournante des institutions internationales.

Je vous invite donc fermement à rejeter cette proposition de minorité. Nous avons déjà opéré cette coupe l'année passée. Elle a fait mal. Il n'y a pas besoin d'en faire plus.