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Cuche Fernand · Nationalrat · 2003-09-22

Cuche Fernand · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2003-09-22

Wortprotokoll

Au nom du groupe écologiste, nous devons reconnaître que le département compétent nous offre à la fois une analyse militaire de la situation, mais aussi une analyse civile au travers de lunettes portées par des militaires. En ce qui concerne les experts qui se sont prononcés et qui ont participé à l'évaluation, j'aimerais bien connaître de la part du chef du département quelle est la composition de ce groupe d'experts et dans quelle mesure des experts civils participent à l'élaboration du rapport.

Revenons sur le terrain. Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que dans les années qui viennent, la province du Kosovo ne trouvera pas sa stabilité politique enracinée profondément dans la démocratie, que c'est une "province" qui est toujours sans statut. Il y a donc nécessité de maintenir une présence multinationale aux côtés de la population et aussi des populations des régions voisines de cette province.

Pour le groupe écologiste - nous avons eu l'occasion de le dire et de le répéter souvent en plénum -, les interventions à l'extérieur doivent viser le rétablissement de la paix ou la coexistence pacifique, donc des interventions prioritairement à caractère civil. Lorsque nous lisons dans le rapport que la Suisse, notamment dans ses interventions civiles, précisément au Kosovo, au registre des habitants, à la restauration d'autorités pénales crédibles, à remettre en état des écoles, à réinstaller des enseignants, nous louons ces efforts deux fois plutôt qu'une. Nous apprécions aussi ce qui figure à la page 1314 du rapport, mais dans l'ordre inverse. Nous voulons commencer par la nécessité d'améliorer les conditions d'existence pour la population, continuer par la nécessité d'intervenir pour diminuer les tensions, et enfin, une fois que la zone est sécurisée et qu'il est possible d'y vivre une vie décente, nous pouvons songer au retour des réfugiés.

Il est important aussi de souligner, en rapport avec la présence militaire dans cette région, que lors de la dernière réunion de la commission où nous avons traité ce sujet, il a été rappelé que les soldats en mission sous le drapeau de la Swisscoy sont choisis ici et appréciés là-bas essentiellement pour leurs compétences civiles, et que c'est d'abord la formation professionnelle du soldat qui part en mission qui est retenue dans l'exercice de ses fonctions.

Nous remercions donc le département pour ce rapport dans lequel est mentionnée la possibilité de remplacer progressivement les forces militaires par des forces civiles, parce que nous pensons que, compte tenu aussi de l'histoire de cette province, de la difficulté qu'ont les populations à coexister, des efforts à très long terme doivent être fournis, en particulier au niveau des écoles.

En ce qui concerne la prolongation de la mission de la Swisscoy au Kosovo, j'ai remarqué, lors de la discussion en commission, qu'il y avait, de la part des militaires, un certain enthousiasme à vivre au Kosovo dans ce cadre militaire qui n'est pas une situation que l'on connaît en Suisse mais une situation réelle. Et on a parlé, notamment du côté des militaires, d'un retour sur investissement, de la possibilité de tester du matériel et aussi de pouvoir tester des engagements.

Pour le groupe écologiste, il serait extrêmement grave et regrettable que l'expérience de la Swisscoy au Kosovo soit finalement une expérience militaire et qu'on oublie petit à petit qu'elle est là d'abord pour rétablir la paix et non pas vivre des expériences d'engagement militaire.

En ce qui concerne la prolongation de la participation suisse à la Force multinationale de maintien de la paix Kosovo Force, le groupe écologiste est divisé. Une forte majorité se prononce contre la prolongation, une petite minorité pour maintenir la prolongation de la mission de la Swisscoy au Kosovo dans les conditions définies.