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Fivaz Fabien · Ständerat · 2025-12-04

Fivaz Fabien · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2025-12-04

Wortprotokoll

En complément de ce que vient de dire notre collègue, j'aimerais ajouter deux choses. Je pense que, contrairement à ce que dit M.[NB]Würth, on va plutôt [PAGE 1191] renforcer la formation professionnelle et le paysage suisse de la formation que l'affaiblir. En effet, ce qui fait la force aujourd'hui de notre système de formation, ce sont justement les passerelles qui permettent de passer d'un système à l'autre. En effet, elles permettent de commencer par la voie de la formation professionnelle, de faire une maturité, d'aller dans une HES, d'aller dans une EPF ou de faire l'inverse, c'est-à-dire de commencer par la voie académique, avec une maturité gymnasiale, pour ensuite aller dans le domaine de la formation professionnelle. Là, avec les Pibs, il y a justement la possibilité d'avoir une passerelle supplémentaire.

En commission, le débat se fait toujours sur la maturité professionnelle et la maturité gymnasiale. J'ai un peu de la peine avec ce débat dans lequel on oppose systématiquement les deux. Je crois que, lorsque vous avez 15 ou 16 ans, lorsque vous faites le choix d'une voie ou d'une autre, ce n'est pas pour la suivre pendant toute votre vie[NB]; c'est pour pouvoir un jour ou l'autre en changer. Lorsque vous faites, par exemple, une maturité gymnasiale et que vous souhaitez aller dans une HES, aujourd'hui, vous avez déjà la possibilité de le faire. Cela a été dit, vous pouvez faire une année de stage dans une entreprise pour ensuite entrer dans une HES. Vous pouvez aussi, c'est le cas dans certaines branches, faire ce qui s'appelle une année de connaissances professionnelles[NB]; cela se passe dans une école et cela vous donne ensuite la possibilité d'entrer dans une HES.

Ce qu'on est en train de décider ici, c'est une manière de faire plus proche de l'économie. Ce sont des jeunes qui, plutôt que de faire une année supplémentaire en école avant d'entrer dans une HES, vont faire directement les deux. Ils vont être dans le monde de l'entreprise tout en se formant à côté pour obtenir, après quatre ans, un bachelor.

Je suis allé regarder la Haute école Arc, qui est la HES des cantons de Berne - partie francophone - du Jura et de Neuchâtel. Elle a introduit pour la première fois des filières d'études Pibs à la rentrée 2025. Ce sont près de 20 jeunes qui sont entrés dans ce système-là. Si aujourd'hui, nous n'entrons pas en matière sur le système, c'est dire à ces 20 jeunes qui ont choisi cette voie de la formation professionnelle du tertiaire, via un stage et une formation en même temps, que ce qu'ils ont choisi, c'est un mauvais système dont nous ne voulons pas. C'est exactement ce que, aujourd'hui, je ne souhaite pas[NB]; je ne souhaite pas que nous arrêtions simplement l'exercice. Il s'agissait d'un projet pilote pendant de nombreuses années[NB]; il a démontré qu'il était viable, qu'il répondait à certains besoins de l'économie et, surtout, qu'il ne détruisait pas notre système de formation de façon générale.

C'est dans ce sens que je vous demande d'entrer en matière et de soutenir ce projet.