Amoos Emmanuel · Nationalrat · 2025-12-10
Amoos Emmanuel · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-12-10
Wortprotokoll
Nous discutons de l'initiative populaire dite initiative sur l'alimentation. Je vais donner la position du groupe socialiste.
L'initiative vise à accroître le degré d'autosuffisance alimentaire, à préserver les ressources en eau souterraine et à promouvoir une agriculture ainsi qu'un secteur agroalimentaire durables. Si le groupe socialiste partage largement ces objectifs, nous émettons des réserves quant aux moyens choisis pour les mettre en oeuvre. L'initiative prévoit notamment de faire passer le taux d'autosuffisance net de 46 à au moins 70 pour cent. Seulement 30 pour cent des denrées alimentaires consommées en Suisse pourraient donc encore être importées si l'initiative était acceptée. L'ensemble de ces objectifs devra être atteint dans les 10 ans suivant l'acceptation du texte. L'initiative est très ambitieuse, mais le groupe socialiste juge le délai de mise en oeuvre très court, voire irréaliste, notamment en ce qui concerne l'augmentation du taux d'autosuffisance. Pour atteindre cet objectif, il faudrait réduire fortement la consommation de viande et augmenter significativement la production végétale destinée à l'alimentation humaine[NB]; un changement difficilement envisageable sans une intervention massive de l'État dans les modes de production et de consommation. Le court délai imparti ne permettrait pas à l'agriculture ni aux secteurs en amont et en aval d'amortir leurs infrastructures actuelles. La Confédération devrait alors déployer un important soutien financier afin d'assurer une transition socialement acceptable.
Comme je l'ai dit, le groupe socialiste soutient les objectifs énoncés dans l'initiative notamment en matière de qualité d'eau, de fertilité des sols et de préservation de la biodiversité. Le nouvel article proposé par la minorité Michaud Gigon a ainsi pleinement sa place dans notre Constitution. Qui, dans cette salle, oserait contester la nécessité pour les cantons et la Confédération de veiller à préserver la diversité et la performance des écosystèmes agricoles, ainsi qu'à promouvoir la biodiversité[NB]? Qui pourrait contester la nécessité pour la Confédération de veiller au respect des objectifs environnementaux essentiels fixés par les offices fédéraux compétents, qu'il s'agisse de la qualité des eaux, de la fertilité des sols ou de la biodiversité[NB]? Ce que je viens d'énoncer, c'est simplement ce qui est proposé dans le contre-projet que nous vous demandons de soutenir. Celles et ceux qui ne soutiennent pas cette minorité ne peuvent se présenter comme défenseurs et défenseuses des agricultrices et agriculteurs. Pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions et nourrir sainement la population de notre pays, ces derniers ont en effet besoin d'une eau non polluée, de sols fertiles et d'une biodiversité préservée. Ce nouvel article constitutionnel offrirait également un cadre clair pour le développement de la Politique agricole 2030 plus.
Nous vous invitons ainsi à suivre la minorité Michaud Gigon, qui propose un contre-projet direct qui reprend très largement les objectifs de l'initiative, et à recommander le rejet de l'initiative.