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preparatory:AB 369434

Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2026-03-03

Wortprotokoll

Nous vivons dans un monde qui change très vite et qui devient de plus en plus dangereux. À ceux qu'un retour de la guerre en Europe il y a quatre ans n'avait pas suffi à convaincre, les bouleversements géopolitiques des derniers jours devraient avoir ouvert les yeux. La compétition économique mondiale, elle aussi - c'est une évidence - se durcit. Si la Suisse veut rester un espace de sécurité et de prospérité, elle doit faire au moins trois choses. Premièrement, elle doit stabiliser ses partenariats, notamment avec ses principaux partenaires économiques, et en développer de nouveaux. Deuxièmement, elle doit investir dans sa sécurité pour ne pas devenir un trou noir sécuritaire au sein d'un continent plus instable. Troisièmement, elle doit préserver sa compétitivité par des politiques économiques et financières raisonnables et éprouvées.

Il ne suffit pas de parler d'un tournant historique, comme on l'entend depuis quatre ans[NB]; il est temps d'agir. Aujourd'hui, le choix est simple[NB]: défendre des droits acquis, ou mettre nos finances fédérales en ordre, les orienter sur des bases solides pour garantir à terme la compétitivité et la sécurité de notre pays. Depuis trente ans, la sécurité nationale est le seul domaine à avoir subi des coupes drastiques. Un retard considérable a été pris, alors chaque jour compte. Le monde et ses autocrates n'attendent pas, leurs drones et leurs cyberattaques n'attendent pas non plus. Or, sans sécurité, il n'y a pas de liberté réelle ni de démocratie solide. Alors, chers collègues du groupe socialiste, le moment n'a jamais été à l'abolition de l'armée, mais il l'est probablement moins que jamais.

La Confédération encaisse près de 90 milliards de francs par an. Elle en percevra 98 d'ici la fin de la décennie. Il ne s'agit donc pas d'un problème de recettes, car celles-ci continueront à croître[NB]; c'est un problème de dépenses, puisque si l'on n'agit pas, ces dépenses croîtront encore plus vite que les recettes d'ici à la fin de la décennie. Alors, agissons. La responsabilité nous revient de fixer des priorités, dans le respect du frein à l'endettement, un instrument essentiel qui protège notre population d'une spirale de dettes et d'impôts, comme on le voit ailleurs et pas loin de chez nous.

On l'a entendu tout à l'heure, la recette de la gauche, notamment celle du groupe socialiste, qui va poser une question, est tout à fait différente de celle que nous proposons. Elle consiste à proposer toujours plus d'impôts et au fond, toujours plus d'endettement. Le groupe libéral-radical s'oppose fermement à cette solution et à cette vision de la société. Notre groupe assumera sa responsabilité et soutiendra majoritairement les mesures d'allègement et les objectifs financiers du Conseil fédéral, et s'opposera à un renvoi. Nous nous opposerons en revanche à de nouveaux impôts ou hausses de taxes qui pénaliseraient la classe moyenne, le pouvoir d'achat et la compétitivité du pays. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si trois Suisses sur quatre - et ils ont raison - s'opposent à une hausse de la TVA pour financer la défense. Nous nous opposerons également à une augmentation des prélèvements fiscaux sur les deuxième et troisième pilier. Oui, gouverner, c'est choisir, oui, c'est parfois difficile, mais c'est raisonnable et surtout, c'est responsable.

Nous invitons tous les groupes, et en particulier le groupe du Centre, à ne pas laisser tomber son Conseil fédéral. Si nous voulons financer les efforts en matière de sécurité, il faut accepter l'ensemble de ces mesures, et ce n'est pas avec la version édulcorée et molle du Conseil des États que nous y parviendrons. Aujourd'hui, chacun est devant ses responsabilités. Le groupe libéral-radical vous invite à choisir la compétitivité qui passe par des finances saines, une fiscalité raisonnable et un renforcement de la sécurité du pays. C'est la seule voie raisonnable et responsable.