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de Quattro Jacqueline · Nationalrat · 2026-03-11

de Quattro Jacqueline · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2026-03-11

Wortprotokoll

La Suisse n'est plus à l'abri de l'extrémisme violent. En octobre dernier, lors d'une manifestation propalestinienne non autorisée, 18 policiers ont été blessés, dont certains grièvement. Des rues ont été vandalisées, le feu a été mis à un restaurant historique en plein centre-ville pour des millions de francs de dégâts. Cette scène ne s'est pas passée dans une banlieue française ni dans un pays en guerre, mais chez nous, ici, à Berne. En janvier dernier, à l'occasion d'une manifestation anti-Trump à Zurich, des casseurs ont lancé des pierres aux policiers, ont dressé des barricades et cassé des vitrines. Ce genre de phénomène, malheureusement, se répète de plus en plus. Il est vrai que notre pays s'est cru longtemps à l'abri des milieux extrémistes. Mais nous avons eu tort de les sous-estimer. Ils se sont professionnalisés et gagnent en puissance et en propension à la violence. Ils profitent de manifestations pacifiques pour se livrer à des actes de vandalisme, semant la peur et la destruction, et ils prennent en otage les manifestants pacifiques. L'extrémisme violent est considéré comme une menace grave par notre service de renseignement. Il a recensé, entre 2016 et 2024, plus de 700 actes violents motivés par l'extrémisme de gauche et, sur la même période, 16 événements violents attribués à l'extrême droite. Au surplus, le contexte géopolitique et la radicalisation des jeunes accentuent encore ces risques.

Vu la gravité des délits commis et de la professionnalisation croissante de ces structures extrémistes violentes, il est urgent de renforcer notre législation. Les groupes extrémistes violents, quel que soit leur mobile et quel que soit leur bord, qu'ils soient de gauche ou de droite, qu'ils soient religieux ou non, antiétatiques ou non, doivent être mieux surveillés pour empêcher les violences et pour les prévenir. Or, en l'absence de base légale, le Service de renseignement de la Confédération est aujourd'hui tributaire des sources accessibles au public. La loi en vigueur exclut en effet expressément le recours à des mesures d'acquisition soumises à autorisation, comme la surveillance des télécommunications pour les cas d'extrémisme violent. De telles mesures ne sont actuellement autorisées qu'en cas de terrorisme, de prolifération nucléaire ou encore de menaces pour les infrastructures critiques. C'est donc une lacune importante de la loi en matière de politique de sécurité que nous devons combler pour garantir efficacement notre sécurité intérieure.

L'extrémisme violent doit donc être inclus dans le catalogue de menaces pour lequel des mesures de renseignement soumises à autorisation - j'insiste, soumises à autorisation - peuvent être permises.

Dans son avis, le Conseil fédéral partage nos préoccupations et propose de réviser la loi fédérale sur le renseignement de manière large. Soit, mais cela fait des années qu'on nous promet cette modification. Il est temps de l'adopter sans plus traîner. Hier, le Conseil des États a adopté plusieurs motions allant dans le sens d'une meilleure surveillance des groupes extrémistes violents. Montrons, nous aussi, notre volonté ferme de lutter contre cette nouvelle forme de violence qui prend de l'ampleur dans notre pays. Ce serait un signal fort que ce dossier ne supporte plus de retard.