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Freymond Sylvain · Nationalrat · 2026-03-18

Freymond Sylvain · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-03-18

Wortprotokoll

Aujourd'hui, nous débattons d'un objet qui, sous couvert de bonnes intentions, pose en réalité une question fondamentale, celle de la liberté individuelle et de la cohérence de notre action politique. L'initiative foie gras, tout comme le contre-projet qui nous est proposé, vise à interdire l'importation et la commercialisation d'un produit parfaitement légal en France voisine, notamment. Le groupe UDC est clair, il recommande le rejet de cette initiative et de son contre-projet.

Pourquoi[NB]? Parce que ce débat ne concerne pas uniquement le foie gras. Dans notre pays, les consommateurs doivent pouvoir choisir, choisir ce qu'ils mangent et ce qu'ils achètent, dans le respect du cadre légal existant. Personne n'est obligé de consommer du foie gras ou du magret de canard, c'est un choix personnel. Interdire aujourd'hui un produit, c'est ouvrir la porte à une logique d'interdictions successives dictées par des sensibilités, aussi respectables soient-elles, mais qui ne doivent pas devenir des normes imposées à toute la population. Ensuite, il faut être honnête, une interdiction en Suisse ne supprimera pas la consommation du foie gras, elle la déplacera. Nous sommes au coeur de l'Europe, nos concitoyens franchissent les frontières et continueront à consommer ce produit à l'étranger et en rapporteront dans leurs [PAGE 523] bagages. On encourage simplement le tourisme d'achat au détriment de nos propres acteurs économiques. Parmi ces acteurs économiques, il y a notamment nos bouchers, nos commerçants spécialisés, ainsi que toute une partie de la gastronomie suisse. Les chiffres montrent que la consommation de foie gras en Suisse est relativement stable depuis de nombreuses années. En moyenne, la Suisse importe 180 tonnes de foie gras par an, qu'il faut comparer aux plus de 450[NB]000 tonnes de viande consommée chaque année dans notre pays. Nous ne sommes pas face à une explosion de la demande qui nécessiterait une réaction urgente. Il s'agit d'un produit de niche consommé de manière occasionnelle, souvent dans un contexte festif. Vouloir légiférer de manière disproportionnée sur ce type de produit n'est ni prioritaire ni pertinent.

Le contre-projet ne résout rien. Il tente de donner une réponse intermédiaire, mais il introduit davantage de complexité, de bureaucratie et d'incertitude pour les acteurs économiques, sans répondre à la question de fond. Au lieu de faire confiance aux citoyens, on multiplie les règles, les contrôles et les restrictions. Pour le groupe UDC, la ligne est claire. Nous défendons la responsabilité individuelle plutôt que la réglementation excessive. Nous défendons la liberté de choix plutôt que les interdictions et nous refusons les mesures qui pénalisent inutilement notre économie, tout en étant inefficaces dans les faits. La Suisse n'a pas besoin de nouvelles interdictions symboliques, elle a besoin de confiance en ses citoyens.

Pour toutes ces raisons, le groupe UDC recommandera le rejet de cette initiative, ainsi que du contre-projet, et vous encourage à en faire de même.