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Stettler Thomas · Nationalrat · 2026-03-18

Stettler Thomas · Nationalrat · Jura · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-03-18

Wortprotokoll

Au fond, la question qui nous occupe aujourd'hui dépasse largement celle du foie gras. C'est une question de principe[NB]: dans quelle mesure l'État doit-il intervenir dans le choix privé des citoyens, jusque dans leurs assiettes[NB]? Pour ma part, je suis attaché à une valeur simple[NB]: la liberté de choix. Dans une société libre, l'État n'a pas à décider ce que les citoyens ont le droit de consommer. Informer oui[NB]; interdire non.

En Suisse, la production de foie gras par gavage est déjà interdite, conformément à nos standards élevés de [PAGE 529] protection animale, mais ce que l'initiative vise aujourd'hui va beaucoup plus loin. Elle vise l'interdiction de la consommation d'un produit. Je ne peux pas soutenir cette logique. On mange bien du thon qu'on a laissé agoniser sur le pont d'un chalutier. Dans bien d'autres domaines, nous faisons confiance aux citoyens pour décider en connaissance de cause. Lorsqu'on achète des cigarettes, on sait qu'elles sont nocives pour la santé. L'étiquetage et l'information doivent être clairs, mais la responsabilité individuelle reste la règle. Je crois que ce principe doit aussi s'appliquer ici.

Je suis agriculteur. Je produis des aliments et je vis, comme beaucoup d'autres, de la confiance que les consommateurs accordent aux produits de notre agriculture. Or, cette interdiction comporte un risque très concret[NB]: celui du tourisme d'achat. Si vous interdisez la vente de foie gras en Suisse, les personnes qui souhaitent en consommer, par exemple à Noël, iront simplement l'acheter à l'étranger, en France, en Allemagne ou ailleurs. Lorsqu'elles passeront la frontière, elles ne se contenteront pas d'acheter un seul produit. Elles rempliront leur panier. Au final, ce ne sera pas seulement le foie gras qui sera acheté à l'étranger. Ce sera également la viande, les produits alimentaires et parfois les courses toutes entières. Autrement dit, cette initiative risque surtout d'inciter les achats à l'étranger, au détriment des commerçants et des producteurs suisses et, en plus, de fidéliser les consommateurs à l'étalage hors du pays.

Quant au contre-projet, il ne me convainc pas davantage. Mettre en place une bureaucratie, surveiller la consommation des citoyens et intervenir ensuite, si cette dernière ne baisse pas, voilà une solution coûteuse, intrusive et inutile. Si l'on veut interdire, il faut avoir le courage politique de le dire clairement, mais créer un appareil administratif pour avoir une influence sur ce que les gens mangent n'est pas la bonne voie.

Informons les consommateurs et faisons confiance à leur sens des responsabilités, mais n'ouvrons pas la porte à un État qui décide de ce que nous pouvons ou non mettre dans nos assiettes[NB]; pour ces raisons, je vous invite à recommander le rejet de l'initiative et à ne pas entrer en matière sur le contre-projet.

Zum Schluss noch ein Satz auf Deutsch, den ich an alle Moralisten und Saubermänner und -frauen richte, die die französische Esskultur nicht pflegen und nicht verstehen: Ich verbiete niemandem den Verzehr von Thonbrötchen oder Fischstäbchen. Aber vielleicht werde ich Sie beim nächsten Apéro daran erinnern, dass die Tiere, bevor sie zu diesen Genusshäppchen verarbeitet wurden, leider auch nicht den unbeschwertesten Lebensabend hatten.

Sagen Sie Nein zu mehr Bürokratie und mehr Einkaufstourismus, und lassen Sie Platz für etwas Freiheit auf Ihrem Teller.