Docourt Martine · Nationalrat · 2026-03-19
Docourt Martine · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-03-19
Wortprotokoll
Cette motion a été déposée à la suite de l'annonce de la fermeture de l'entreprise Vetropack. Avec la disparition du dernier site suisse de production de bouteilles en verre, une question essentielle s'est posée[NB]: comment préserver les emplois et les savoir-faire, et quelle politique du verre voulons-nous pour notre pays[NB]? Car cette fermeture a des conséquences très concrètes. La Suisse dispose d'une filière du verre exemplaire, avec un taux de recyclage proche de 100 pour cent. Pourtant, aujourd'hui, près de 110[NB]000 tonnes de verre sont exportées vers l'Italie, l'Allemagne ou encore la Tchéquie. Pour l'est de la Suisse, c'est même la Tchéquie qui devient la principale destination. Concrètement, cela signifie que chaque bouteille parcourt entre 800 et 1200 km avant de revenir chez nous sous forme de nouveau produit. Cela représente environ 11[NB]000 trajets de camions supplémentaires sur des routes déjà saturées. Économiquement, ce système tient. Mais écologiquement et énergétiquement, il pose un réel problème.
Rappelons-le, le système est financé par la taxe d'élimination anticipée qui couvre ainsi le recyclage. Surtout, nous manquons de données. Nous ne savons même pas dans quelle mesure ces transports annulent les bénéfices écologiques du recyclage estimés à environ 30 pour cent par rapport au verre neuf. Quelle part de ce gain est perdue en route[NB]? Se limiter à collecter sans se soucier du lieu de recyclage, c'est une vision trop étroite. La chaîne de valeur compte pour l'environnement et pour l'emploi. C'est cela pour nous la véritable économie circulaire. Rappelons un point essentiel[NB]: si le verre recyclé permet un gain d'environ 30 pour cent, le verre utilisé, lui, atteint jusqu'à 85 pour cent. C'est là que se trouve le véritable potentiel.
Aujourd'hui, la fermeture est actée. Nous ne reviendrons pas en arrière, et le contexte actuel ne permet pas d'envisager une nouvelle usine de production. Il faut donc regarder vers l'avenir. Cet avenir, c'est la réutilisation du verre. Encourager le réemploi des bouteilles, leur lavage, leur remise en circulation, c'est une solution concrète qui est déjà en marche. Des projets existent. Une faîtière, Swiss Re-use, a été créée. Les savoir-faire sont là. Ce qui manque, ce sont des conditions-cadres adaptées.
La question est simple. Voulons-nous continuer à financer à hauteur de 33 millions de francs un système basé sur l'exportation, avec un gain écologique limité, ou voulons-nous soutenir une solution locale, créatrice d'emplois et bien plus performante écologiquement[NB]? Le Conseil fédéral a les moyens d'agir. Dans le cadre de la révision de l'ordonnance sur les emballages, deux mesures seraient décisives[NB]: renoncer à l'obligation de consigne, qui freine aujourd'hui le réemploi, et permettre qu'une partie de la taxe soutienne explicitement cette filière.
Cette motion donne un signal clair en faveur d'une économie circulaire ancrée en Suisse, créatrice de valeurs et plus ambitieuse sur le plan écologique. C'est dans ce sens que le Conseil des États a accepté cette motion qui vise à valoriser la réutilisation du verre en Suisse et c'est pourquoi je vous invite à soutenir la proposition de la minorité de la commission.